Comment rencontrer le passé quand il a disparu et qu'on ne dispose pour s'en approcher que de traces, d'empreintes ou d'objets souvent lacunaires et toujours ambigus ?
Dans le champ de la médiation, l'Histoire serait-elle lestée d'une difficulté, voire d'une impossibilité particulière ?
À quelles conditions la médiation peut-elle permettre à chacun de consturire son propre lien au passé ?
Comment écrire l’histoire, la géographie, et les langues d’une nébuleuse de territoires présents sur tous les océans du globe ?
Avec le partenariat du commissariat de l’année des Outre-mer français
Afin d’annoncer l’année 2011 officiellement consacrée Année des Outre-mer français, ce huitième "Chemins d'accès" sera dédié à la situation de l’offre culturelle et éducative autour de problématiques propres à ces territoires, singuliers et pluriels dans leur diversité.
Trois grands axes – historique, linguistique et géographique – traversés par la question artistique, permettront de croiser les regards des métropolitains et des habitants de l'Outre-mer sur la nation entendue comme communauté, mais aussi des Ultramarins entre eux, et au-delà de l’Outre-mer français, des relations avec leurs voisins, qu’ils soient continents, îles, francophones ou non, l’unité se heurtant à la diversité de ces petits morceaux de France.
Comment interpréter la crise de la transmission qui affecte aujourd’hui, chez les jeunes, aussi bien les valeurs que les savoirs, le domaine familial aussi bien que scolaire ?
Trois tables rondes, à partir d’une analyse de la situation actuelle et de l’évolution des modèles traditionnels, inviteront à une étude prospective de nouvelles formes de transmission applicables aux publics et aux espaces des diverses institutions culturelles.
Les nouvelles pratiques de la médiation culturelle :
l’autonomisation,
une école du visiteur ?
Mercredi 19 novembre 2008
L’élargissement des publics souhaité par les institutions
culturelles passe tôt ou tard par la construction d’outils visant à l’autonomisation
de leurs pratiques de découverte et d’apprentissage.
Jusqu’où ces nouveaux
dispositifs conduisent-ils à faire l’économie du médiateur
lui-même ? Dans quelle mesure tendent-ils plutôt à reconfigurer
son rôle et sa fonction ?
Jusqu’à quel point ouvrent-ils la voie à un élargissement
des acteurs de la médiation, l’accompagnement des publics vers l’autonomie
devenant à l’intérieur de l’institution l’affaire
de tous ?
Au-delà des enjeux budgétaires se font entendre d’autres
enjeux moins visibles qui concernent les modèles culturels portés
par ces dispositifs : jusqu’où peuvent-ils échapper aux
pièges de la reproduction et de la consommation, à quelles conditions
peuvent-ils susciter des démarches d’interrogation créative
et contribuer au partage des savoirs et à l’échange des cultures
?
Les artistes ont nourri depuis
longtemps une relation intense avec le patrimoine. Copier les chefs-d'œuvre
anciens, s'en inspirer, les citer, les détourner, les profaner parfois.
En retour, les lieux de conservation de collections patrimoniales se tournent
vers les artistes pour inventer des médiations originales propres à compléter
des approches plus académiques. Cette circulation de regards croisés
a suscité, en France, des expériences fécondes que cette
nouvelle livraison de « chemins d'accès » évoquera.
L'artiste permet aux publics de mieux pénétrer les arcanes
des objets patrimoniaux. En livrant aux publics, avec le
secret du processus de création, les outils nécessaires à la
réalisation de leur propre « œuvre », il offre
les moyens de
comprendre l'épaisseur des savoir-faire inclus dans chaque
objet patrimonial. Mais la confrontation d'un regard singulier
à la généralité d'un patrimoine, où se
reflète le jugement de
la communauté, ne va pas sans tensions. Aussi la place de
l'artiste dans le dispositif de la médiation culturelle est-elle
encore et toujours à questionner.
Cette journée permettra de mieux définir le rôle de l'artiste
dans l'éducation au patrimoine, de dégager son apport spécifique
dans la pratique de transmission et de médiation
aux côtés du médiateur culturel et de l'enseignant, en
s'interrogeant sur les limites ou les pièges éventuels qui
pourraient être liés à cette démarche.
À travers le corps passe une grande partie de notre
connaissance cachée. Que peut-on en attendre dans la pratique de médiation
culturelle et par quel moyen ?
Quels sont les chemins d’accès à
ce savoir non verbal, à
ces savoirs virtuels inscrits inconsciemment
dans les corps, le corps étant lui-même contraint par des représentations,
des codes, des tabous, selon les époques et les cultures ?
Quel
est le rôle du corps dans le champ pédagogique, dans les univers
de la culture, dans la création, dans la médiation ?
Parlons oralité
Grandir en se nourrissant de paroles
décembre 2005
Aujourd'hui, l'oral investit de nouveau l'école et
le champ pédagogique. L'oralité est entrée dans les institutions
culturelles où la médiation est acte de parole. Elle entre même
dans les bibliothèques, temples du silence et du savoir figé par
l'écriture. Les contes ne s'adressent plus seulement aux enfants et les
musées s'orientent vers des visites guidées par des conteurs pour
une autre façon de dire l'objet.
À l'heure où les nouvelles technologies permettent de répondre
aux besoins documentaires et d'archiver la parole, tout en engendrant une nouvelle
oralité, solitaire, y a-t-il aujourd'hui une raison de revenir à
la tradition orale des origines, à cette oralité mouvante dans
le temps et dans l'espace ?
Cette journée propose d'explorer les ressources
spécifiques de l'oralité vivante et ses différents modes
dans la médiation :
- le mode discursif : la rhétorique, la plaidoirie (mise en jeu du
corps, dialogue, échange) ;
- le mode narratif : le conte, le récit, la mémoire (double
statut de l'oral, art et moyen) ;
- le mode performatif : où la parole est acte (ethnopsychiatrie etc.)
Quelles perspectives dans nos projets pédagogiques et quel impact sur
les divers publics de l'action éducative ?
La matinée sera l'occasion d'une mise en contexte du retour de l'oralité
dans notre société. L'après-midi sera le lieu d'un échange
d'expériences pédagogiques.
Quelle bibliothèque, quel musée, à l’heure de l’interculturalité
et du métissage des populations et des cultures ? Quel patrimoine
pour quels publics ?
Tel était l'objet du colloque qui a réuni le 18 novembre 2004 de
9h à 17h, au petit auditorium de la BnF, en partenariat avec la Direction
des Musées de France. Vous pouvez consulter et
télécharger ici les actes de cette rencontre.
Les institutions patrimoniales prennent aujourd'hui en compte la nouvelle
dimension interculturelle et planétaire des publics. Dans ce
contexte d'universel métissage les stratégies à
mettre en œuvre par les établissements culturels doivent être
reconsidérées. Venus de France et d'Europe, les intervenants
de cette journée ont alimenté le débat à partir
de réflexions et d'expériences très largement diversifiées,
déployées entre deux options extrêmes, celle du
communautarisme et celle de l'intégration.
Quels
chemins d'accès au patrimoine culturel ? Quel rôle les services
éducatifs des musées et des bibliothèques peuvent-ils
jouer pour diversifier les parcours, ouvrir toujours plus de chemins possibles
à un public diversifié ?
Tel était l'objet du colloque qui a réuni le jeudi 6 novembre
2003, de nombreux participants à la Bibliothèque nationale
de France à l’initiative de son service d’action pédagogique,
en partenariat avec le musée du Louvre. Vous pouvez consulter et
télécharger ici les actes de cette rencontre.
Cette journée a permis aux participants, pour la plupart concernés
par les métiers de la médiation culturelle, et tous convaincus
de la nécessité de ce type d’échanges, de partager
une réflexion sur l’action culturelle et éducative et son
rôle dans l'accès offert aux objets patrimoniaux à
des publics diversifiés.
La notion de patrimoine s’élargit chaque jour : patrimoine industriel,
patrimoine paysage, patrimoine multimédia, patrimoine d'aujourd’hui
et patrimoine de demain…