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L'aventure des écritures
Chronologie sommaire

[Les dossiers pédagogiques]

La date indique le début de la période au cours de laquelle se situe chaque événement

[Sommaire du dossier Ecriture]

- 3300
Tablettes sumériennes en écriture pictographique à Uruk (basse Mésopotamie) : le plus ancien témoignage d’écriture connu. flmlf mlfjdlqm lfjmqldjjj:
- 3200
Hiéroglyphes égyptiens.
- 2800
L’écriture pictographique sumérienne devient cunéiforme.
- 2000
Le cunéiforme est utilisé pour noter l’akkadien (assyrien et babylonien) ;
Le sumérien subsiste comme langue savante.
Traces d’écriture chez les Olmèques (Amérique centrale).
- 1800
En Crète, écriture dite " linéaire A" (Cnossos), indéchiffrée.
Code d’Hammourabi (Babylone).
- 1600
Les Hittites utilisent un système hiéroglyphique.
-1500
Au Proche-Orient, écriture protosinaïtique : 30 signes à allure hiéroglyphique ;
Écritures protocananéennes.
-1400
Chine : textes divinatoires gravés sur os ou plastrons de tortue.
Alphabet ougaritique (Syrie du Nord) : 30 signes cunéiformes.
-1300
Alphabet phénicien de 22 lettres-consonnes.
-1200
Sarcophage d’Ahiram à Byblos, en alphabet phénicien de 22 lettres.
-1000
L’alphabet phénicien se répand en Méditerranée et vers l’Asie.
Alphabet paléohébraïque.
Alphabet araméen.
Écritures sud-arabiques.
-800

Alphabet grec ;
Invention des voyelles.

-700
Alphabet étrusque adapté de l’alphabet grec.
En Egypte, écriture démotique.

-600
Écriture hébraïque, dite " hébreu carré ".
-400
Alphabet latin adapté de l’alphabet étrusque.
L’écriture grecque se répand grâce aux conquêtes d’Alexandre le Grand.
-300
Deux écritures syllabiques en Inde : la kharosthi (d’origine araméenne) qui essaime vers l’Asie centrale et la brahmi qui donne naissance par la suite à de nombreuses écritures syllabiques en Asie du Sud-Est et en Indonésie.
Dans l’empire romain, floraison d’inscriptions lapidaires en quadrata (capitales).
-200
Pierre de Rosette " : copie d’un décret de Ptolémée V sur une stèle en hiéroglyphes égyptiens, en démotique et en grec.
Ecritures punique et libyco-berbères attestées en Afrique du Nord.
-100
Ecriture nabatéenne (Petra).
Ecriture copte en Egypte.

« 0 »
Invention du papier en Chine.
100
Ecriture syriaque.
Apparition d’écritures cursives communes latines
200
L’onciale (majuscule avec emprunts aux cursives romaines) se répand en Europe.
Stèles mayas en Amérique centrale.
300
Ecriture runique.
400
Alphabet sogdien dérivé de l’araméen, en Asie centrale.
Alphabet arménien.
Alphabet géorgien.
Syllabaire éthiopien
500
Premières inscriptions arabes.
Ecritures gaélique.
600
La révélation coranique entraîne la codification de l’écriture arabe ; elle essaime vers l’Orient et vers l’Afrique du Nord.
700
Le Japon adapte l’écriture chinoise.
800
En France, la " minuscule caroline " remplace les graphies latines antérieures, devenues presque illisibles, et devient un modèle pour l’avenir.
Le persan emprunte l’alphabet arabe et le pehlevi tombe en désuétude.
En Asie, écriture ouïgoure dérivée de l’araméen.
Apparition de l’écriture cyrillique.
1000
La caroline se transforme en gothique et évolue par la suite vers la textura et la rotunda.
Les Turcs empruntent l’alphabet arabe.
1200
Ecriture nahuatl adoptée par les Aztèques (Amérique centrale).
1300
En Italie, les humanistes redécouvrent la caroline et la transforment en écriture humanistique, modèle des écritures modernes utilisant les caractères " latins ".

Généalogie du signe et mémoire du graphe

Nos signes d’aujourd’hui ont connu leur époque mythique et légendaire avant de servir d’introduction à l’histoire : nos lettres sont intimement liées, le plus souvent à notre insu, aux graphies les plus anciennes. Comme nos visages ont un air de famille avec ceux de nos aïeux, les lettres sont aussi modelées à la ressemblance de leurs aînées ; leurs traits, leur physionomie résultent d’une longue transmission.

Avons-nous souvenance, lorsque nous traçons la lettre a, d’évoquer par ce signe une tête de bœuf ? Lovée au sein de la petite "arrobe" (@) de notre courrier électronique, elle fête allègrement ses cinq mille ans d’âge ? Savons-nous que notre n fut jadis un petit serpent, tracé par des milliers de scribes attentifs et que nous ne faisons que repasser dans le même sillon ? Acharnés à déchiffrer d’antiques graffitis que nous croyons étrangers à nous-mêmes, à en chercher inlassablement le sens (écritures « indéchiffrées », langues « inconnues »), nous ne songeons pas à interroger ce qui vient simplement sous notre plume.

Ces lettres que nous traçons quotidiennement sont le plus récent état d’une perpétuelle métamorphose. Nées depuis l’aube des temps, elles ont eu aussi au fil des siècles des compagnons d’essai maintenant disparus et elles ont accueilli en leur groupe des membres nouveaux. Au cours des temps, mais aussi au gré des hommes qui, après avoir ébauché et façonné ce bel outil, ont continué de génération en génération de le pétrir et de le perfectionner sans répit pour faire coïncider le mieux possible formes et fonctions, habillant ou déshabillant consonnes et voyelles, les compactant dans des abréviations au risque de les rendre illisibles, les unissant par des ligatures, les affublant d’atours divers, leur faisant perdre ou gagner ces petites moustaches pendantes que sont les cédilles, les ornant de points, d’accents plus ou moins compliqués, les entourant enfin, pour leur venir en aide, de ces compagnons silencieux que sont les signes de renfort de l’écriture, virgules, traits d’union, parenthèses... Et, ce faisant, un étrange corps à corps se livrait dès l’origine entre l’utilité de la lettre et sa beauté, entre lisibilité et esthétique, entre effort vers le visible et désir du secret.


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