Ecriture
égyptienne
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Le déchiffrement des hiéroglyphes
Limmense mérite de Champollion (1790-1832) est davoir démontré que le principe phonétique constituait lâme du système décriture tout entier. Il sappuie, pour sa découverte, sur lexamen comparé de noms propres, ceux-ci étant souvent dans toutes les écritures logosyllabiques anciennes et modernes le lieu privilégié des premières transcriptions phonétiques, offrant la plus grande résistance à la représentation figurée. Champollion réalise une première identification du nom de Ptolémée (voir ci-dessous) sur la pierre de Rosette puis, sur lobélisque de Philae, qui servit de base solide pour la suite du déchiffrement. Légyptologie était née. |
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Champollion, un génie singulier (1790-1832).
Jean-François a la conviction que la connaissance de la civilisation égyptienne passe par celle des langues orientales. Il étudie, outre le latin et le grec, lhébreu, larabe, le syriaque, le chaldéen, le persan, le copte, le sanscrit et le chinois. À 16 ans, il démontre devant lAcadémie de Grenoble que la langue copte dérive de la langue parlée de lancienne Égypte, que lécriture copte est une adaptation de l'ancienne langue aux caractères grecs. Au XVIIe siècle déjà, le jésuite allemand Athanasius Kircher était parti de lhypothèse dune filiation entre ces deux langues, mais il nétait pas parvenu à comprendre le processus. Le jeune Champollion poursuit létude des langues orientales durant deux ans à Paris et revient à Grenoble passer un doctorat ès lettres. Il est nommé professeur dhistoire ancienne. Il a 19 ans. Il occupe son poste jusquen 1820, sauf pendant les deux années où il doit sexiler à Figeac (1816 à 1818) en raison de son soutien à Napoléon. En 1820, il rejoint son frère à Paris; Champollion-Figeac est devenu le secrétaire particulier de Dacier, secrétaire perpétuel de lAcadémie des inscriptions et belles-lettres. Jean-François Champollion sest attelé depuis plusieurs années déjà au déchiffrement des hiéroglyphes, sans obtenir de résultats plus satisfaisants que ses collègues étrangers, langlais Thomas Young, qui resta bloqué par sa conviction davoir affaire à un système uniquement alphabétique, le Suédois Akerblad et le Français Antoine-Isaac Silvestre de Sacy, ancien professeur de Jean-François. Tous les quatre travaillent sur la pierre de Rosette, depuis la diffusion de copies destampage de ses inscriptions, en recherchant dans le hiéroglyphique et le démotique (le texte central) des équivalences du texte grec. Comme eux, Champollion a identifié, à partir du grec Ptolemaios, la forme hiéroglyphique en sept symboles du nom du pharaon Ptolémée entouré dun cartouche (encerclé). Limportante répétition des signes lui indique quil pourrait sagir dune notation phonétique. Puis en comparant, sur lobélisque de Philae, les cartouches de Ptolémée et de Cléopâtre dont les noms se trouvaient écrits également en grec, il comprend, déchiffre la valeur phonétique de leurs quatre signes communs (P, T, O, L) et parvient à attribuer aux autres une valeur alphabétique. Champollion identifia les valeurs de signes, comme suit : (voir alphabet hiéroglyphique)
Mais cest lidée de compter le nombre de mots du texte grec (486) et celui des hiéroglyphes (1 419) qui lui donne lavantage sur ses collègues. Il en déduit que lécriture doit être à la fois phonétique et idéographique. En comparant les hiéroglyphes des cartouches de Ptolémée et de Cléopâtre, il dresse un alphabet hiéroglyphique, quil croit applicable seulement aux noms des souverains étrangers de lépoque hellénistique : il reste en effet persuadé que lécriture est essentiellement figurative. Mais, en déchiffrant, à laide de son alphabet et grâce à sa parfaite connaissance du copte, les noms de Ramsès et de Thoutmosis sur des copies dinscriptions venant du temple dAbou Simbel, il comprend réellement le principe du système de lécriture des pharaons. Il peut alors annoncer sa découverte à lAcadémie des inscriptions et belles-lettres : cest la fameuse Lettre à M. Dacier, relative à lalphabet des hiéroglyphes phonétiques employés par les Égyptiens... (septembre 1822).
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La pierre de Rosette
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