Tropaire de Saint-Martial de Limoges

Les neumes n'indiquent pas d'intervalles précis, cependant une ligne horizontale tracée à la pointe sèche cherche déjà à définir les coordonnées de l'espace graphique de la partition en visualisant les relations de hauteurs entre les sons.

L'apparition des neumes n'est pas étrangère à l'Église et à sa volonté de reproduire sans défaillance une liturgie précise. L'écriture neumatique se présente sous la forme de petites barres inclinées mélangées à des points : la mélodie est notée, mais sans mesure précise des intervalles. Loin de se prêter à une lecture directe, cette notation, nettement déficitaire en signes si on la compare aux notations ultérieures, est conçue pour des hommes qui font appel au souvenir et à l'expérience lorsqu'ils veulent reproduire le chant noté.

Tropaire de Saint-Martial de Limoges,
XIe siècle, neumes aquitains
BnF, Manuscrits., latin 1118, fol. 111.