Cantique de la mer rouge, micrographie du XIIème siècle

Dans cette bible espagnole de la fin du XIIème siècle ouverte au cantique de la Mer Rouge  (le péan de victoire entonné par les Hébreux une fois les eaux déchaînées refermées sur Pharaon et son armée - Exode 15 : 1-18-  l'apparat massorétique encadre le texte de calligrammes géométriques en micrographie.

Mais, à y regarder de près, ne sont-ce là que formes seulement abstraites, tracés uniquement graphiques, épures simplement décoratives ? Ces schémas de courbes et de droites, à la rigueur toute mathématique, ne seraient-ils pas, en fait, des représentations figurées, en d'autres termes des illustrations du texte ?

" Il a jeté à la mer cheval et cavalier ". Sur la page, où le calligraphe, évoquant le verset ou tel autre " la fine fleur de sa chevalerie s'est noyée dans la Mer des Joncs ", a seulement figuré, en haut de la page, un mors de cheval à double canon muni de ses bossettes rondes, à moins qu'il ne s'agisse des anneaux porte-rêne. En bas, sous forme de simples demi-cercles superposés, les flots et les vagues de la mer dévastatrice, omniprésente dans le poème.