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L'aventure des écritures
La calligraphie

[Les dossiers pédagogiques]

1. Qu'est ce que la calligraphie ?
2. L'art d'écrire en occident
3. Un délire graphique : le monocondyle
4. La calligraphie persane

[Sommaire du dossier Ecriture]

1. Qu’est ce que la calligraphie ?


Bible éthiopienne (détail)
XVIIIème siècle
Paris, Manuscrits orientaux, Ethiopien

Art de la « belle écriture » élégante et appliquée pour les uns, exercice spirituel pour les autres, latine ou orientale, elle est le fruit d’un dur apprentissage pour maîtriser styles et ductus ; sur la base de règles très strictes, elle offre au calligraphe le moyen d’exprimer sa sensibilité, comme la musique au musicien. Énergie et concentration sont trouvées dans le souffle et une bonne tenue générale du corps ; des rythmes convenus ou inspirés animent les doigts et l’articulation du poignet.

Dans la calligraphie islamique, direction des lignes, épaisseur des traits, longueur des étirements, emplacement des points contribuent ensemble à l’équilibre général d’une œuvre.

En Chine et au Japon, tout « lettré » se doit de savoir bien tenir son pinceau. Les outils sont préparés avec soin avant d’éterniser, dans le petit fragment d’univers de la page, le désir audacieux de l’homme d’un instant de perfection .

Pour les Egyptiens, l’écriture est inséparable de l’art, elle doit être belle car elle ne figure pas seulement la parole mais aussi la réalité du monde à laquelle elle assure l'immortalité.

L’écriture entre ordre et liberté : modèle et rébellion


Traités de tactique
Elien le Tacticien, Arrien, Léon

Paris, deuxième tiers du XVIe
Paris, BnF, Manuscrits, Grec

Tout système d’écriture repose sur une convention partagée par un groupe auquel il permet de communiquer, en garantissant à chaque signe graphique une valeur sémantique et/ou phonétique fixe. Mais comment empêcher ce système d’évoluer constamment, sous l’effet conjugué de l’usage, du support, des influences étrangères et de la singularité même de celui qui écrit ?

Les écritures, au cours de leur histoire, révèlent une oscillation permanente entre foisonnement graphique et recherche de standardisation. L'art d’écrire en Occident du XVIe au XVIIIe s. en estt un bon exemple. Il a pu paraître, dans les formes canoniques qu’il érige en modèles à imiter, quelque peu rigide, voire militaire, tant grand fut son désir de transmettre avec fidélité et de rendre lisible les contenus de la pensée et les cheminements d’un discours savamment mis en ordre.

L'écriture islamique à l’opposé, tout en assurant la transmission d’un texte semble "goûter un plaisir infini aux excès et retards de rythmes qui naissent de la tension du poignet, de même qu’aux suggestions de l’encre et aux séductions d’une ligne spontanément portée à l’arabesque.[...] La page du calligraphe oriental fait penser à une végétation laissée à elle-même, abondante et parfois un peu folle, envahissant la surface selon qu’elle trouve ou non à fleurir : tapis, tissu mobile, fragile, qui tient caché sous son dessin savant le secret de l’univers, voile délicat jeté sur un corps vide." (Florian Rodari). Dans la calligraphie islamique, la calligraphie persane constitue un ensemble original caractérisé par le raffinement particulier de ce qui fut souvent un art de cour : mêlant esprit de jeu et profondeur mystique, elle repose sur l’ambiguïté poétique d’une écriture qui n’a pas été créée pour la langue qu’elle s’est vue contrainte de noter.

1. Qu'est ce que la calligraphie
2. L'art d'écrire en occident
3. Un délire graphique : le monocondyle
4. La calligraphie persane


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