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Les écritures indiennes, le "visage de la parole"

Attestée en Inde par des témoignages assez tardifs (si l'on exclut l'écriture indéchiffrée de l'Indus), l'écriture s'inscrit dans un contexte religieux où la Parole est fortement valorisée. Elle s'y trouve ainsi naturellement vouée à une fidélité envers celle-ci, ce qui pourrait la rapprocher de l'alphabet grec. Elle s'en distingue pourtant par son souci de réalisme phonétique et son insistance sur le syllabisme. Là où les Grecs arrivent, au terme d'une analyse logique, à une décomposition " atomique " de la langue en consonnes et voyelles, les Indiens distinguent eux aussi voyelles et consonnes, mais ils considèrent le plus souvent la consonne avec une vocalisation, l'unité de base étant la syllabe.

L'énigme de l'écriture de l'Indus

Sceau de l'Indus et son empreinte
Vallée de l'Indus
Musée des Arts asiatiques Guimet

La civilisation de l'Indus s'épanouit dans le nord-ouest du sous-continent indien du milieu du IVe millénaire au début du IIe millénaire avant notre ère. Une catastrophe inexpliquée l'anéantit. Cette civilisation nous laissa une écriture qui reste indéchiffrée. L'écriture de l'Indus apparaît sur environ deux mille sceaux et, secondairement, sur des plaques de cuivre, sur des objets de terre cuite, d'os et d'ivoire. Elle comporte quatre cents signes différents. Certains semblent composés : les signes de base seraient au nombre de deux cents, chiffre qui paraît exclure qu'il s'agisse d'une écriture syllabique.

Plusieurs savants ont essayé de déchiffrer cette écriture, mais aucune thèse ne s'est imposée. Certains y ont vu la lointaine ancêtre de la brahmi. Il s'agit d'une pure conjecture. On ignore la langue même qu'elle transcrivait. L'hypothèse d'une langue proto-dravidienne, c'est-à-dire apparentée aux principales langues de l'Inde du Sud, reste une supposition.

La suprématie de la Parole

L'emploi de l'écriture n'est attesté en Inde que par des témoignages assez récents puisqu'ils datent du IIIe s. av. J.-C. Mais l'écriture y fut vraisemblablement en usage avant cette époque.

Sans doute favorisé par le développement des échanges commerciaux et une administration d'état ,l'écriture en Inde profita de l'essor du bouddhisme, dont il aida la diffusion. En effet, le bouddhisme, né au VIe s. av. J.-C., n'avait pas de préjugé contre l'écriture car il ne révérait pas les textes sacrés du Veda. En cela, il se démarquait nettement de la tradition védique (XVe s. av. J.-C. pour les textes les plus anciens ?), laquelle, privilégiant la transmission orale, considérait l'écriture comme un moyen d'expression inférieur, voire impur. Le texte appris de la bouche d'un maître et oralement interprété avait plus de poids que le mot écrit.
Recueil de brefs textes bouddhiques (extrait)
Écriture népalaise.
Paris, BnF, Manuscrits orientaux, sanscrit.

Cependant, l'emploi de l'écriture se généralisa dans le domaine intellectuel et le texte manuscrit fut dès lors considéré comme le " visage de la déesse de la parole ".

Les écritures indiennes gardèrent la trace de cette prééminence de la parole. Leur principe repose sur une analyse très fine de la langue, accomplie notamment à la suite de Panini (IVe s. av. J.-C.) par des lettrés soucieux d'assurer la mémoire des textes religieux et de leur récitation exacte, à coup sûr les premiers phonéticiens de l'Histoire. Ces écritures s'attachent à noter chaque son avec une précision extrême. La base est la syllabe ou aksara, qui signifie " indestructible ". C'est la plus petite unité sécable de la langue. Elle est représentée par un seul groupe graphique où la consonne fait corps avec la voyelle qui suit.

Les textes écrits, paradoxalement très nombreux, pour une large majorité d'entre eux (épopées poétiques ou religieuses, hymnes dévotionnels, etc.) ne sont pas faits pour être lus pour soi mais pour être récités en public, déclamés, chantés, mis en scène, intégrés à des célébrations.

En dehors de la civilisation de l'Indus, les premiers écrits attestés de l'Inde sont les édits de l'empereur Asoka (v. 260-230 av. J.-C.) qui proclament sur la pierre la foi bouddhique de l'empereur, ils sont en écriture kharosthi et l'écriture brahmi.

L'absolu, c'est la Parole
Aitareya Brahmana

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