L'emploi de l'écriture n'est attesté
en Inde que par des témoignages assez récents puisqu'ils
datent du IIIe s. av. J.-C. Mais l'écriture y fut vraisemblablement
en usage avant cette époque.
Sans doute favorisé par le développement
des échanges commerciaux et une administration d'état
,l'écriture en Inde profita de l'essor du bouddhisme,
dont il aida la diffusion. En effet, le bouddhisme, né au VIe
s. av. J.-C., n'avait pas de préjugé contre l'écriture
car il ne révérait pas les textes sacrés du Veda.
En cela, il se démarquait nettement de la tradition védique
(XVe s. av. J.-C. pour les textes les plus anciens ?), laquelle,
privilégiant la transmission orale, considérait l'écriture
comme un moyen d'expression inférieur, voire impur. Le texte appris
de la bouche d'un maître et oralement interprété avait
plus de poids que le mot écrit.
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Recueil de brefs textes bouddhiques
(extrait)
Écriture népalaise.
Paris, BnF, Manuscrits orientaux, sanscrit. |
Cependant, l'emploi de l'écriture se
généralisa dans le domaine intellectuel et le texte manuscrit
fut dès lors considéré comme le " visage de la déesse
de la parole ".
Les écritures indiennes gardèrent la
trace de cette prééminence de la parole. Leur principe repose
sur une analyse très fine de la langue, accomplie notamment à
la suite de Panini (IVe s. av. J.-C.) par des lettrés soucieux
d'assurer la mémoire des textes religieux et de leur récitation
exacte, à coup sûr les premiers phonéticiens de l'Histoire.
Ces écritures s'attachent à noter chaque son avec une
précision extrême. La base est la syllabe ou
aksara, qui signifie " indestructible ". C'est la plus petite unité
sécable de la langue. Elle est représentée par un seul
groupe graphique où la consonne fait corps avec la voyelle qui suit.
Les textes écrits, paradoxalement très
nombreux, pour une large majorité d'entre eux (épopées
poétiques ou religieuses, hymnes dévotionnels, etc.) ne sont
pas faits pour être lus pour soi mais pour être récités
en public, déclamés, chantés, mis en scène,
intégrés à des célébrations.
En dehors de la civilisation de l'Indus, les
premiers écrits attestés de l'Inde sont les édits
de l'empereur Asoka (v. 260-230 av. J.-C.) qui
proclament sur la pierre la foi bouddhique de l'empereur, ils sont en
écriture kharosthi et
l'écriture brahmi.
L'absolu, c'est la Parole
Aitareya Brahmana
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