Limprimerie, en isolant la lettre sous la forme
du caractère mobile, a contribué largement à sa dissection
: lart décrire devient un art de la règle,
du compas et de léquerre.
Pourtant, malgré un carcan de règles
et de principes, trouvailles et inventions fantaisistes, ludiques, fougueuses
ne tardent pas à se faire jour, campant dabord dans les marges
avant de se fondre au texte en une osmose régulée. Elles trouvent
leur parfaite expression dans lallégresse et
lexubérance du trait de plume baroque qui envahit les marges
des pièces décriture au XVIIe siècle.
Ces « licences » de plume vont toutefois,
dès le milieu du XVIIe siècle, se trouver cantonnées
dans les abréviations, les majuscules ou les fins de ligne,
témoignant d'une dialectique permanente, au sein de
lécriture, entre ordre et liberté.
Pourtant, il est peut-être un territoire de plume
qui échappe à ce savant équilibre, cest lespace
de la signature. Ainsi dans les
« monocondyles »
la sobre graphie des lettres grecques saltère en une forêt
lyrique dentrelacs chavirés, où la main du scribe, au
moment dinscrire son propre nom, semble prise de vertige. Dans toutes
les écritures, la transcription des noms propres conduit à
une phonétisation de lidéogramme. Lécriture
devient rébus, le son chasse limage. (Tout le monde ne
sappelle pas « Monsieur Buf » !). Mais quand il
sagit pour celui qui écrit de tracer son propre nom,
lécriture semble alors à nouveau chavirer vers le signe
pur. Dans la signature se lit le vertige dun nom en train de devenir
image, impossible visage.
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l'émergence de l'art d'écrire
français,
Guillaume Le Gangneur, 1599.
Paris, BnF.

l'épanouissement de l'art d'écrire
français,
Louis Senault, 1668
Paris, BnF, Rés. livres rares |