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La compréhension d'une écriture n'est
jamais immédiate mais toujours différée. La connaissance
du " code " est une nécessité pour passer du visible
au lisible. Sans cette clé, l'écriture demeure inaccessible,
pur algorithme graphique, indéchiffrable message.
Toute écriture est un
secret, elle ne livre son sens qu'à
celui qui en entreprend
l'apprentissage. Ce n'est pas un hasard
si, dans la tradition runique, l'étymologie du mot " écrire
" renvoie à la notion de mystère : runa en
vieux saxon signifie " chuchotement ". Écrire serait donc
murmurer.
Au cours de son histoire, l'écriture a longtemps
été l'apanage d'une infime minorité de lettrés,
sa connaissance un privilège insigne qui conférait au
scribe une puissance singulière. En
Égypte, le scribe jouissait
d'un statut envié qu'il revendiquait avec fierté : " Sois
scribe pour que tes membres soient lisses et que tes mains deviennent douces,
pour que, vêtu de blanc, tu puisses sortir magnifié et que les
courtisans te saluent
". Dans l'Occident médiéval,
le scribe se représente à la fois souffrant et glorieux,
douloureux mais participant aux activités du monde surnaturel. Un
scribe franciscain du XIVe s. ne s'est-il pas dessiné cloué
aux instruments de son travail qu'il a disposés en forme de croix,
stigmatisé à la manière de saint François ? De
cette sainteté du scribe, les innombrables peintures
d'évangélistes écrivant, qui ornent les bibles
médiévales, sont bien le parfait symbole.
Mais aujourd'hui, de plus en plus d'adultes, de
plus en plus d'enfants sont initiés aux secrets de l'écriture. |
| Qui est
analphabète?
La Journée Internationale de l'Alphabétisation
- 8 septembre 1996
"Pour les Nations Unies, l'analphabétisme est une
préoccupation majeure car pour près d'un milliard d'hommes
et de femmes dans le monde, le droit à l'éducation proclamé
dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme n'est pas encore
une réalité. L'analphabétisme ne fait pas seulement
obstacle à une participation effective à la vie de la
société: dans une grande partie du monde en développement
où il touche la masse de la société, il compromet le
progrès même de celle-ci, avec toutes les souffrances, privations
et occasions manquées que cela implique."
[...] En 1995, 885 millions de personnes, plus qu'un adulte
sur cinq, sont encore analphabètes; plus de trois analphabètes
sur cinq sont des femmes; 129 millions d'enfants en âge scolaire ne
sont pas scolarisés et beaucoup de ceux qui le sont, surtout dans
les pays moins avancés, le sont dans des conditions très
précaires. Cependant, et malgré ces chiffres ahurissants, les
taux d'alphabétisation dans le monde augmentent constamment. En 1980,
ce taux était de 69,5% (62% pour les femmes), tandis que l'on espère
qu'en l'an 2000 il atteigne le 79,4% (74% pour les femmes). Bien sûr,
ces statistiques, comme toutes les statistiques globales, cachent la vrai
enature du processus d'alphabétisation. Un examen plus attentif des
chiffres laisse voir qu'en 1980 les pays les plus développés
comptaient plus que le 40% de la population alphabétisée du
monde entier mais que, si les expectatives se confirment, il n'en compteront
que moins de 30% en l'an 2000. Les pays en développement de l'Asie
de l'Est et de l'Océanie devraient compter en l'an 2000, à
eux seuls, plus de 200 millions d'alphabètes de plus que l'ensemble
des pays développés. Il est évident qu'il existe un
lien étroit entre l'éducation et le progrès
économique.[...]
Elisenda Franquesa
(extrait du numéro 33/1996 du périodique ENSEMBLE, le
périodique de l'ASTI, Luxembourg) |
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