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Ecriture cunéiforme
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[Les dossiers pédagogiques]

1. Naissance
2. Des images signes aux images sons
3. Développement
4. Fin du cunéiforme

[Sommaire du dossier Ecriture]

1. Ecriture cunéiforme ou la naissance de l'écrit

Les anciens habitants de la Mésopotamie avaient une idée très élevée de leur écriture.

Les scribes, Dub-Sar, ont laissé des essais sur leur formation, qui sont devenus des textes classiques maintes fois recopiés dans l’école, l'E-Dub-Ba, la « maison des tablettes », pour expliquer que « de tous les métiers humains dont le dieu Enlil a nommé les noms, il n’a nommé le nom d’aucun métier plus difficile que l’art du scribe », qui exigeait de longues années d’apprentissage.

Les nombreuses petites tablettes scolaires d’élèves débutants, qui nous sont parvenues, mal formées et raturées, témoignent de façon touchante de la complexité de l'apprentissage de l’écriture cunéiforme.
Tablette d’écolier
Basse Mésopotamie, fin du IIIe mil.av. J.-C.
Musée du Louvre
.

Sur une tablette d’argile évoquant son éducation de prince royal, le roi d’Assyrie Assurbanipal (668-627 avant J.-C.) proclame avec fierté :

« Le dieu Nabû, le scribe de l’univers, m’a fait présent de sa sagesse … ; j’ai acquis les connaissances que le sage Adapa a apportées aux hommes, les trésors cachés du savoir des scribes ; j’ai été initié aux [livres de] présages du ciel et de la terre, j’ai étudié la série hépatoscopique [divination par l’examen du foie] et je peux argumenter avec les plus éminents maîtres de la lécanomancie [la divination par l’huile] ; j’ai résolu les divisions et les multiplications compliquées qui défient l’entendement ; j’ai lu l’ingénieux sumérien et l’obscur akkadien, difficile à maîtriser, et je sais déchiffrer les pierres inscrites d’avant le Déluge, qui sont hermétiques, sombres et embrouillées. »

Le souverain affirme ainsi la difficulté, le caractère initiatique et la très haute antiquité de l’écriture cunéiforme, dont il fait remonter l’apparition aux temps mythiques des débuts de l’humanité.


De l’éducation d’un scribe
Basse Mésopotamie,
1749 av. J.-C.
Musée du Louvre.

Vers 3100 avant J.-C., l’écriture commence à se répandre en Mésopotamie.

L’écriture ne constitue pas une invention isolée, mais elle s’inscrit dans un contexte d’évolution de la société. Elle apparaît au cours d’une période de mutations profondes coïncidant avec l’apparition des villes. Dans la deuxième moitié du IVe millénaire avant J.-C., la cité d’Uruk a déjà un long passé et une organisation sociale élaborée. Les artisans découvrent la technique du cuivre moulé et de la roue. Le temple de la divinité tutélaire est aussi un grand centre administratif. Les relations deviennent complexes. Comme la mémoire humaine est limitée, il s’avère nécessaire de trouver un système nouveau et unifié permettant de « prendre des notes » pour conserver les informations orales, puis de restituer le langage. C’est ainsi que l’écriture est née.

Les tout premiers témoignages d'écriture sont difficilement déchiffrables pour nous. Ces premiers signes, précunéiformes, représentent un mot (logogramme) ou une idée (idéogramme). Ce sont des images réalistes, ou bien déjà stylisées et simplifiées, voire symboliques

De nombreux concepts furent représentés de façon abstraite dès les premiers essais de l’écriture. C’est le cas ci-dessous : la tablette est un compte de vaches, dont la schématisation réduit l’animal à un triangle avec des cornes, et un compte de moutons (l’animal le plus souvent « compté »), figurés par un signe symbolique : une croix dans un cercle représentant l’animal dans son enclos. L’idée est facile à comprendre car nous utilisons, encore aujourd’hui, le principe des croix dans des cases pour répertorier rapidement des objets ou des éléments qui se répètent.

Tablette pictographique
Basse Mésopotamie, vers 3100 av. J.-C.
Musée du Louvre.

Mais d’autres symboles plus élaborés ne peuvent être compris que grâce à l'évolution de leur forme, permettant de remonter différentes étapes sur près de trois millénaires et d’en comprendre la forme primitive. Certains signes archaïques restent encore obscurs pour nous.

Simple aide-mémoire à l’origine, l’usage de l’écriture se développa rapidement au cours des siècles suivants, dans sa forme et dans son contenu.

(extrait du texte de Béatrice André-Salvini pour le catalogue de l'exposition "L'aventure des écritures : naissances")

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