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Ecriture égyptienne
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[Les dossiers pédagogiques]

1. L’écriture égyptienne
2. L'écriture au quotidien
3. La calligraphie
4. L'apprentissage
5. Le hiéroglyphe : un signe figuratif

[Sommaire du dossier Ecriture]

1. L'écriture égyptienne

Le système d’écriture hiéroglyphique est construit sur la redondance.

Il utilise en effet, à côté des signes-mots ou logogrammes, une palette de phonogrammes dont une série de vingt-quatre signes-consonnes à peu près stables constituant ce qu’on peut bien appeler un alphabet, obtenu suivant le procédé de l’acrophonie. Leur combinaison aurait été suffisante pour tout écrire, mais les Égyptiens se sont peu souciés d’exploiter ce système car la réduction du nombre de signes était étrangère à leur préoccupation. Ils ont donc utilisé ces signes phonétiques pour confirmer ou pour redoubler les signes idéographiques, non pas pour s’y substituer :

Par exemple :se prononce PR et signifie « maison ». Mais le son PR signifie aussi « sortir ». Quand le signe est utilisé pour sa valeur idéographique première, il est terminé par un trait vertical. = maison.

Quand il est utilisé, sur le mode du rébus, pour sa valeur de son, il est doublement complété : par un complément phonétique , signe de la « bouche », confirmant que le signe est à lire à partir de sa valeur phonétique et qu’il a donc le sens de « sortir », ce que vient répéter le déterminatif exprimant l’idée du mouvement. Le même sens est donc exprimé deux fois : phonétiquement et idéographiquement, à l’aide de trois caractères .

L'écriture du mot "sortir" :
exemple de construction redondante exprimant la même idée idéographiquement   et phonétiquement.

Si l’écriture égyptienne ne renonça jamais à la représentation symbolique des choses et des êtres, c’est parce que les Égyptiens croyaient à l’efficacité magique des hiéroglyphes .

Ils pensaient qu’ils pouvaient faire vivre ce qu’ils peignaient par l’image aussi sûrement que par la parole créatrice, et le faire vivre pour l’éternité. Ainsi le nom d’un homme inscrit en caractères hiéroglyphiques contenait-il son identité ; détruire ces caractères, c’était réduire cet homme à néant. On attribuait aux figures d’êtres animés de certaines inscriptions le pouvoir de nuire et de mener une vie indépendante, on craignait qu’ils ne consomment les offrandes alimentaires destinées au défunt ou n’attaquent le corps lui-même. C’est pourquoi il arrivait que les têtes des serpents soient délibérément omises ou le corps des oiseaux tronqués… Mais d’autres hiéroglyphes étaient supposés bénéfiques, ils servaient d’amulettes et apportaient la chance à leurs propriétaires. Le signe "horizon" par exemple, montrant le soleil en train d’émerger d’une montagne, permettait au défunt de s’associer à la renaissance de l’astre et donc de renaître lui-même.

Semelles votives
" Tes ennemis sont sous tes pieds. "
Paris, BnF, Manuscrits orientaux

L’écriture n’était donc pas pour les Égyptiens un simple outil de communication linguistique, elle était un chemin d’accès à l’éternité et manifestait les mystères de l’univers cachés dans l’image comme dans le nom. C’est pourquoi elle pouvait aider le mort à vaincre les périls du voyage dans l’au-delà et lui servir de guide, comme en témoignent nombre d’inscriptions religieuses enfermées dans les appartements funéraires des tombeaux.

Toutefois, si l’écriture a joué un rôle immense dans la vie de l’Égypte ancienne, il semble établi que seule une élite restreinte avait accès à la lecture des textes et à la pratique de l’écriture.
Selon des estimations récentes, moins de un pour cent de la population aurait été "alphabétisée" dans l'Egypte ancienne. Aussi le fait de savoir lire et écrire conférait-il un statut envié et pouvait-il conduire aux charges les plus élevées. La place de scribe était une place recherchée mais difficile à atteindre : il fallait en effet douze années pour devenir scribe ! Écrivain et comptable, il veillait au cadastre, à la perception des impôts, à la prestation des corvées. Mais surtout, par l’écriture, il s’assurait l’immortalité.

« Sois un scribe, et mets ceci dans ton cœur pour que ton nom ait le même sort : plus utile est un livre qu’une stèle gravée ou qu’un mur solide. Il tient lieu de temple et de pyramide, pour que le nom soit proclamé.
L’homme périt, son corps redevient poussière, tous ses semblables retournent à la terre, mais le livre fera que son souvenir soit transmis de bouche en bouche. »

Extraits du Papyrus Chester Beatty IV.

(extrait du catalogue de l'exposition "L'aventure des écritures : naissances")

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