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[Les dossiers pédagogiques]

1. L'écriture maya
2. L'écriture nahuatl des Aztèques

[Sommaire du dossier Ecriture]

2. L'écriture nahuatl des Aztèques

Apparue au XIIe siècle, l'écriture nahuatl utilisée par les Aztèques, n'a guère duré plus de trois siècles : héritière d'une tradition brillante, elle subit avec la conquête espagnole une disparition brutale.

La seule source connue qui propose une date pour l’introduction de l’écriture en terre nahuatl, c’est le Codex Xolotl (ci-contre). L’écriture nahuatl représente sans doute la synthèse d’apports divers originaires tout à la fois des hauts plateaux mexicains et de la zone mixtèque, avec peut-être des influences plus lointaines.

C’est à l’aide de cette écriture que les populations nahua consignaient les informations qu’elles désiraient voir échapper à l’oubli. Les grands thèmes abordés, sont :
- l’économie, avec des registres d’impôts ou des relevés cadastraux;
- la politique ou l’histoire, comme par exemple dans le Codex Xolotl ;
- la religion avec, en particulier, les livres des sorts ou tonalamatl qui étaient utilisés par les prêtres pour leurs prédictions.


Codex Xolotl (détail)
Histoire des descendants du souverain Xolotl
Paris, BnF, Manuscrit mexicain.

Une écriture offerte au lecteur

A mi-chemin entre la simple figuration pictographique, l'idéogramme et le symbole phonétique, l'écriture nahuatl est composée de trois éléments :
- des personnages facilement identifiables,
- des composition symboliques (les glyphes) ,
- des signes arbitraires, liens graphiques ou plastiques, qui relient glyphes et personnages entre eux.

Le tableau suivant réunit des glyphes comportant une volute particulière qui produit chaque fois un sens particulier.
éléments

désignation
valeur phonique

popoca
popoca

tlatoa
nahua

zozoma
zozo

cuecuenoti
cuecueno

Ces éléments, pour s’adapter aux différents contextes où ils sont employés, font preuve d’une très grande souplesse. Ainsi l’élément chalchihuitl, « jade », peut-il prendre des aspects sensiblement différents dans ses diverses réalisations.

différents aspects
d'un même
éléments

Codex Mendoza

Codex Telleriano-Remensis

Codex Magliabechiano

Pour transcrire les noms propres, notamment ceux des villes, les Aztèques ont eu recours au rébus à transfert ; par exemple, le nom Coatitlan, signifiant " près des serpents ", se transcrit à l'aide du pictogramme désignant le serpent (coat) auquel on ajoute le pictogramme " dent " (tlan), homonyme de " près de " et qui se prononce de la même façon. Au lecteur de voir d'après le contexte qu'il ne s'agit pas de la " dent du serpent ", mais de la ville " près des serpents ".

L'écriture aztèque joue sur les deux tableaux du son et du sens. Les deux possibilités d'interprétation, idéographique ou phonétique, sont offertes au lecteur.

Une disparition brutale

Après la conquête du Mexique par les Espagnol, en 1521, cette écriture allait brutalement et presque complètement disparaître par la conjonction de plusieurs facteurs : la destruction physique des codex, le remplacement de l'écriture nahuatl par l'écriture européenne et enfin la déconsidération dont elle fut victime.

Destruction des supports
La conquête, avec son cortège de destructions, entraîna la perte de codex, en particulier ceux qui se trouvaient dans les temples. Cette élimination de la mémoire écrite alla jusqu'à la destruction systématique par le feu. Celle-ci semble avoir été essentiellement le fait des religieux, qui auraient vu en ces documents une manifestation de l'idolâtrie. Cette pratique ne s'est pas limitée aux premières années après la Conquête, on trouve encore mention d'une telle destruction par le feu le 17 mars 1560.

À la destruction directe par les conquérants s'ajoute une disparition différée sous l'effet de la peur. Sachant qu'ils courraient de grands risques face aux autorités religieuses si on les trouvait en possession de documents en écriture traditionnelle indigène, les Indiens les éliminèrent ou les cachèrent ; ainsi disparurent-ils à jamais, le temps se chargeant, le plus souvent, de les détruire. Il n'existe plus aujourd'hui qu'une poignée de documents préhispaniques.


Destruction des Codex,
Codex de Tlaxcala
Glasgow University Library, Hunterian

Changement d'écriture
Les écrits des conquérants espagnols passent totalement sous silence l'écriture nahuatl. Ainsi ne trouve-t-on dans le Codex de Florence - extraordinaire somme encyclopédique sur le Mexique ancien, réalisée à l'instigation du franciscain Bernardino de Sahagún - aucun développement sur ce thème. Non seulement les religieux comme Sahagún ne dirent rien de l'écriture mais encore, par leur activité d'enseignants, ils imposèrent l'écriture alphabétique.

Déconsidération
Dès le XVIe siècle, à coté de quelques propos positifs à son égard, ont fleuri des opinions selon lesquelles toutes ces images ne sauraient constituer une écriture. Cette vision a dominé jusqu'à aujourd'hui.

Codex Testeriano
Paris, BnF, Manuscrits orientaux, mexicain .

 Catéchisme en images et en chiffres accompagnés de prières en langue otomi et de légendes en espagnol.
 

1. L'écriture maya
2. L'écriture nahuatl des Aztèques


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