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L'alphabet
arabe
Il comporte vingt-huit lettres, mais il ne dispose,
en réalité, que de quinze caractères, treize
consonnes étant notées au moyen de neuf lettres servant
à noter plusieurs consonnes. Pour distinguer les différentes
consonnes notées par une même lettre, on utilise des points
simples, doublés ou triplés, placés sur ou sous la lettre.
Comme la plupart des écritures sémitiques,
l'arabe ne note que les trois voyelles longues (a, i, u) au moyen
des lettres notant la consonne glottale et les deux semi-voyelles ; après
avoir utilisé des points pour indiquer les trois voyelles
brèves, il a emprunté au syriaque trois signes,
dérivés des voyelles grecques, qui sont suscrits ou souscrits.
L'arabe s'écrit de droite à gauche,
et toutes les lettres, sauf cinq, se lient à la suivante ; en finale,
sept lettres se terminent par un appendice placé sur ou sous la ligne
; il n'y a pas de majuscule.
Les vingt-huit lettres de l'alphabet peuvent être
rangées selon l'ordre traditionnel des vintg-deux lettres des alphabets
sémitiques, avec leur même valeur numérique, suivies
des six lettres propres à l'arabe ; ou selon un ordre mnémotechnique
dans lequel les lettres semblables, distinguées par des points, sont
groupées les unes à la suite des autres (tel ci-contre).
L'écriture arabe sert à noter de nombreuses langues non
sémitiques : iraniennes, turques, indiennes, malaises et africaines
; pour noter les sons de ces langues qui n'existent pas en arabe, on utilise
des points conférant au caractère arabe une nouvelle valeur
phonétique.
Les styles
Au cours de son histoire, l'écriture arabe a
beaucoup évolué, prenant des formes variées suivant
les supports et les usages. À partir de l'écriture primitive,
les calligraphes ont été amenés à créer,
selon les époques et les lieux, un certain nombre de styles, dont
on mentionnera les plus usités.
o Le style koufi, anguleux et géométrique ;
utilisé primitivement par les scribes de Koufa pour la copie
des Corans, il a servi aussi à graver des inscriptions dans
la pierre ; il est encore très employé de nos jours dans la
décoration architecturale.
o Le style naskhi, souple et arrondi, sans angle brusque ;
utilisé pour la copie (naskh) des manuscrits, puis adapté
à l'imprimerie, à la machine à écrire et à
l'ordinateur, c'est aujourd'hui le style le plus employé dans les
livres et les journaux.
o Le style thoulouthi, difficile à réaliser,
les courbes devant représenter le tiers (thoulouth) de la ligne
écrite ; il est utilisé, de nos jours, pour les titres des
chapitres et des livres, ainsi que pour les inscriptions monumentales.
o Le style rouqa'i, usité jadis dans l'administration
ottomane pour écrire les "missives" (rouq'a), il est actuellement
employé pour la correspondance, les gros titres des journaux et la
publicité.
o Le style maghribi, autrefois utilisé dans les pays
du Maghreb, en Espagne musulmane et au Soudan, il tend, aujourd'hui, à
être supplanté par le naskhi en Afrique du Nord.
o Le style farisi, léger et élégant, comme
suspendu (ta'liq) sur la ligne ; créé par les
calligraphes de la Perse pour les recueils
de poésie, il est devenu le style prédominant chez les Persans,
les Turcs et les Indiens.
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