propagation de l'alphabet : écritures nabatéenne, syriaque et arabe

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[Les dossiers pédagogiques]

1. L'alphabet hébreu
2. Les écritures libyco-berbères
3. Des écritures nabatéenne, syriaque aux lettres arabes
4. Une exception  : le syllabaire éthiopien

[Sommaire du dossier Ecriture]

3. Des écritures nabatéenne et syriaque aux lettres arabes

Les origines de l'écriture arabe sont à ce jour objet de discussion. L'école anglo-saxonne, propose une filiation nabatéenne alors que l'école française, préfère reconnaître à l'arabe une ascendance syriaque. En effet, les traces les plus anciennes apparaissent dans une inscription en caractères nabatéens, découverte à Namara, datée de 328 mais aussi dans une dédicace en grec, syriaque et arabe, trouvée dans la région d'Alep et datée de 512.

En 106, les Romains, annexant le royaume nabatéen, l'incorporent à la province d'Arabie. L'écriture nabatéenne (qui note au début la langue araméenne) évolue peu à peu vers la notation de la langue arabe, fixant d'abord des noms propres puis de plus en plus de mots usuels ; sa forme commence à ressembler à l'écriture développée plus tard à Kufa et qui sera la première écriture arabo-islamique.

Connue d'abord par des inscriptions lapidaires, l'écriture arabe se développe vraiment grâce à la révélation coranique (vers la fin du VIe s. et le début du VIIe s.), qui détermine à jamais le caractère sacré de chacune des lettres de son alphabet ; elle se déploie par la suite dans des copies de plus en plus nombreuses et somptueuses du texte du Coran, parallèlement à des formes plus cursives destinées à un usage courant.

Dans les siècles suivants et jusqu'à aujourd'hui, des dizaines de milliers de livres (commentaires religieux, ouvrages de philosophie, de sciences, de littérature et de poésie) témoignent de la diversité, de la maîtrise et de la splendeur de cette écriture.

Ses formes, connaissant les ligatures, se prêtent particulièrement à un usage décoratif ; les lettres dans leurs infinies variations ornent avec bonheur aussi bien les édifices religieux que profanes, les faïences et les céramiques, le verre, les tissus.

Au cours des siècles, elle s'est répandue sur de larges régions de l'Afrique, en Europe et en Asie ; l'alphabet arabe, un peu aménagé, sert à noter de nombreuses langues à travers le monde, comme le persan (et sa calligraphie), l'ourdou, le malais, des langues africaines ; autrefois, le turc ottoman utilisait ses caractères et, il y a quelques siècles, l'espagnol.

 


Feuillet d'un coran en écriture coufique
IX-Xe siècle,.
Paris, BnF, Manuscrits  orientaux, arabe.

   
Coupe à l'échassier en écriture coufique
Iran oriental, Xe-XIe siècle.
Paris, Musée du Louvre.

L'alphabet arabe
Il comporte vingt-huit lettres, mais il ne dispose, en réalité, que de quinze caractères, treize consonnes étant notées au moyen de neuf lettres servant à noter plusieurs consonnes. Pour distinguer les différentes consonnes notées par une même lettre, on utilise des points simples, doublés ou triplés, placés sur ou sous la lettre.

Comme la plupart des écritures sémitiques, l'arabe ne note que les trois voyelles longues (a, i, u) au moyen des lettres notant la consonne glottale et les deux semi-voyelles ; après avoir utilisé des points pour indiquer les trois voyelles brèves, il a emprunté au syriaque trois signes, dérivés des voyelles grecques, qui sont suscrits ou souscrits.

L'arabe s'écrit de droite à gauche, et toutes les lettres, sauf cinq, se lient à la suivante ; en finale, sept lettres se terminent par un appendice placé sur ou sous la ligne ; il n'y a pas de majuscule.

Les vingt-huit lettres de l'alphabet peuvent être rangées selon l'ordre traditionnel des vintg-deux lettres des alphabets sémitiques, avec leur même valeur numérique, suivies des six lettres propres à l'arabe ; ou selon un ordre mnémotechnique dans lequel les lettres semblables, distinguées par des points, sont groupées les unes à la suite des autres (tel ci-contre). L'écriture arabe sert à noter de nombreuses langues non sémitiques : iraniennes, turques, indiennes, malaises et africaines ; pour noter les sons de ces langues qui n'existent pas en arabe, on utilise des points conférant au caractère arabe une nouvelle valeur phonétique.

Les styles
Au cours de son histoire, l'écriture arabe a beaucoup évolué, prenant des formes variées suivant les supports et les usages. À partir de l'écriture primitive, les calligraphes ont été amenés à créer, selon les époques et les lieux, un certain nombre de styles, dont on mentionnera les plus usités.

o Le style koufi, anguleux et géométrique ; utilisé primitivement par les scribes de Koufa pour la copie des Corans, il a servi aussi à graver des inscriptions dans la pierre ; il est encore très employé de nos jours dans la décoration architecturale.

o Le style naskhi, souple et arrondi, sans angle brusque ; utilisé pour la copie (naskh) des manuscrits, puis adapté à l'imprimerie, à la machine à écrire et à l'ordinateur, c'est aujourd'hui le style le plus employé dans les livres et les journaux.

o Le style thoulouthi, difficile à réaliser, les courbes devant représenter le tiers (thoulouth) de la ligne écrite ; il est utilisé, de nos jours, pour les titres des chapitres et des livres, ainsi que pour les inscriptions monumentales.

o Le style rouqa'i, usité jadis dans l'administration ottomane pour écrire les "missives" (rouq'a), il est actuellement employé pour la correspondance, les gros titres des journaux et la publicité.

o Le style maghribi, autrefois utilisé dans les pays du Maghreb, en Espagne musulmane et au Soudan, il tend, aujourd'hui, à être supplanté par le naskhi en Afrique du Nord.

o Le style farisi, léger et élégant, comme suspendu (ta'liq) sur la ligne ; créé par les calligraphes de la Perse pour les recueils de poésie, il est devenu le style prédominant chez les Persans, les Turcs et les Indiens.

1. L'alphabet hébreu
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4. Une exception  : le syllabaire éthiopien


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