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  Acte de partage de biens
Thèbes, Haute-égypte, Basse époque, règne de Darius III Codoman, 334 av. J.-C.
Papyrus, encre au carbone
50 x 170 cm
Musée du Louvre, Antiquités égyptiennes, N 2430, ancienne collection Clot Bey
 
Ce papyrus constituait à l’origine un long rouleau, qui fut découpé et collé sur des cartons lors de son acquisition. Il n’est écrit que sur une face, qui a été amputée d’une portion de texte en démotique, la seconde écriture cursive égyptienne. Issu d’une transformation profonde du hiératique, qui se voit dès lors cantonné au domaine des inscriptions à caractère sacramentel, le démotique est utilisé à partir du vii siècle avant J.-C. pour la rédaction d’actes administratifs ; c’est sous la deuxième domination perse que cette cursive va prendre sa forme quasi définitive. Ce texte est justement daté de cette époque, précisément de l’an II d’un roi Darius qui est sans doute Darius III Codoman, dernier souverain perse, qui sera battu par Alexandre le Grand. Le présent document est, par ailleurs, de toute première importance pour l’histoire du droit dans l’égypte pharaonique. Il s’agit d’un acte établi par une femme, Asétemkheb, au bénéfice de son cousin germain Padiiménipet ; elle s’engage par cet acte à renoncer à toute contestation sur la part d’héritage qui lui a été versée, en l’occurrence une partie d’une maison à étages. Le texte comprend en outre des clauses destinées à prévenir toute contestation de ce partage par les autres membres de la famille d’Asétemkheb. Le contrat passé a été recopié par tous les témoins de la conclusion de l’acte, y compris la mère d’Asétemkheb, et il y est stipulé que le document a été remis au bénéficiaire. Il constituait donc une pièce des archives privées de Padiiménipet.