patience...
 

  Recueil de textes et d’images
éthiopie, vers 1890
Parchemin, 72 f.
44 x 36 cm
BnF, Manuscrits orientaux, éthiopien 205
 
Il n’est pas étonnant de trouver un manuscrit sur parchemin si tardif en éthiopie, puisque la première presse à imprimerie n’est introduite qu’en 1911, et que l’usage du papier y est encore, à cette époque, très limité. On constate que les manuscrits copiés sur papier à partir du xix sont des ouvrages le plus souvent laïcs — ou bien s’ils sont de nature religieuse, à caractère très populaire —, et rédigés en amharique, la langue vernaculaire, et non plus en ge’ez. Le parchemin reste un matériau noble. Ce n’est que vers 1950 que la production de livres imprimés en éthiopie dépasse en volume la production de manuscrits, et les scriptoria impériaux existent jusqu’en 1974, bien que leur activité soit alors très réduite. L’originalité de ce codex réside dans le fait qu’il a été copié et enluminé dans une optique très personnelle, par un personnage d’origine grecque mais ayant adopté la société éthiopienne, le balambaras Giyorgis. Les textes recueillis dans ce volume sont assez originaux (Livre des Philosophes, Sagesse de Sybille, généalogies et chronologies, roman de Barlaam et Josaphat) et, surtout, les peintures en pleine page retracent des éléments de la vie du balambaras Giyorgis. Ceci est tout à fait exceptionnel dans l’art éthiopien, dans lequel l’individu, à moins qu’il ne soit roi ou saint, n’a aucune représentation légitime. Les folios 24 vo-25 montrent le balambaras Giyorgis à cheval, avec, en haut à gauche, la fin de la prophétie annonÇant le règne de Tewodros. Les folios 42 vo-43 présentent un souverain à cheval.