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  La Quintessence des Lois de la Nature, Han-i banjibura Xinglijingyi bithe, Li Guangdi, compilateur, sur ordre impérial
Chine, Pékin, vers 1717
Impression xylographique sur papier, 8 fascicules brochés, couvertures originales de taffetas de soie bleue, étiquettes de soie jaune
30,2 x 19,5 cm
BnF, Manuscrits orientaux, mandchou 22 (1) et (2)
 
Depuis les débuts de l’imprimerie, il a toujours été d’usage, en Chine - en continuité avec la tradition manuscrite - de n’imprimer qu’une seule face de la feuille de papier. Par contre, le montage en rouleau fut vite supplanté, dans le domaine de l’édition, par diverses formes de brochage à la colle, dont la plus ancienne fut le montage « en papillon »; mais l’alternance de feuillets imprimés et de feuillets blancs constituant un obstacle à une lecture suivie, assez rapidement, les feuillets furent pliés face vierge à l’intérieur et maintenus solidaires par de la colle. Ce n’est que plus tard, vers le XVe siècle, qu’apparurent les brochages cousus, sans colle aucune, les « reliures de fil », xianzhuang, restées en usage jusqu’à nos jours. On brochait les livres en fascicules d’une centaine de feuillets, légers, agréables à la main, s’ouvrant bien sur la table ; ils étaient regroupés à plusieurs dans des étuis protecteurs. Sortie des Presses impériales vers 1717, cette traduction en mandchou d’un traité compilé en chinois par Li Guangdi à la demande de l’empereur Qing Shengzu (au pouvoir de 1662 à 1722) a conservé son brochage d’origine. Comme l’impression - sur un superbe « papier de Xuan », xuanzhi -, la reliure a été réalisée dans les ateliers de la Cité interdite. Elle n’en reste pas moins fort simple : la couvrure des feuilles de couverture est un taffetas de soie unie, teinte d’un bleu indigo profond - comme les livres des simples lettrés -, la couture, un cordonnet de soie écrue. Seule la couleur jaune des étiquettes évoque l’empereur, dont les sceaux ont été apposés à la fin de sa préface.