patience...
 

  Grans croniques de France, t. III
Paris, Robert Gaguin, 1516
Papier
33 x 21,5 cm
Réserve des livres rares, Rés. fol. L35.8 (1)
 
On peut observer dans l’exemplaire sur papier d’une même édition de 1516, tirée simultanément sur papier et sur vélin, une évolution dans la présentation du livre par rapport aux usages antérieurs, avec, notamment, l’apparition de la page de titre, qui n’existait pas dans les incunables : titre et mention de privilège, marque du libraire et adresse. Les initiales et les « pieds-de-mouche » peints ont en outre fait place à des lettrines gravées sur bois et à des signes imprimés ; de nombreuses gravures sur bois illustrent le texte, qui se présente toujours sur deux colonnes, ici avec un titre courant. On voit également apparaître la signature des feuillets. Par contre, la présentation de l’exemplaire sur vélin reste assez fidèle aux usages antérieurs du manuscrit : si la page de titre est bien présente, les illustrations et lettrines sont peintes, et la réglure est à l’encre. Le vélin - peau de veau mort-né ou de veau de lait -, utilisé surtout au Moyen âge pour les manuscrits de luxe, resta employé, après la diffusion du papier, pour des ouvrages dont on voulait accentuer le caractère rare et précieux, c’est-à-dire les exemplaires en petit nombre de certaines éditions, destinés à un public choisi de princes, de curieux, ou de bibliophiles. C’est le cas des Grans croniques de France, ensemble d’œuvres historiques retraÇant l’histoire des rois de France depuis leurs origines mythiques troyennes jusqu’au règne de Charles VII, et qui, recopiées, continuées et révisées depuis le XVIIIe siècle jusqu’à la fin du XVe siècle, connurent un grand succès.