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  Jacob Christian Schaeffer, Sämtliche Papierversuche
Regensburg (Ratisbonne), 1772
Papiers divers
19 x 14,5 cm
BnF, Réserve des livres rares, Rés. p. V. 711
 
Au XVIIIe siècle, la pénurie de chiffons commence à se faire sentir, ce qui provoque l’augmentation de son prix. Aussi cherche-t-on des matières de substitution, parmi les fibres de plantes notamment. Les premiers essais pratiques sont dus à l’Allemand Christian Jacob Schaeffer, qui fabrique lui-même ses échantillons grâce à une pile à maillets actionnée à la main et destinée à défibrer les végétaux. Il publie en 1765 un recueil d’environ quatre-vingts spécimens de différents papiers faits à partir de végétaux très divers, choisis dans l’environnement immédiat, auxquels il a ajouté un cinquième de cellulose de coton pour permettre une meilleure liaison des fibres. Certains échantillons sont rehaussés de gouache pour montrer la possibilité de les colorer. En 1772, il réédite cet ouvrage, augmenté de nouveaux échantillons : les légendes en sont traduites en franÇais.En France, les recherches de Pierre-Alexandre Léorier-Delisle, directeur de la papeterie de Langlée, près de Montargis, aboutissent à la fabrication de papiers végétaux sans adjonction de chiffon. Le premier livre entièrement fabriqué à partir de fibres végétales est un recueil de pièces littéraires publié à cinquante exemplaires sur un papier teint de couleur rose, auquel sont joints des essais de papier à base d’herbe, de soie et de tilleul. C’est également la papeterie de Langlée qui imprime les « Œuvres » du marquis de Villette, le tirage se faisant pour une moitié de l’édition sur papier d’écorce de tilleul et pour l’autre moitié sur papier guimauve, avec, en fin de volume, des échantillons de plantes variées. En Angleterre, Matthias Koops joue un rôle majeur dans l’avancée des recherches papetières en installant une fabrique spécialisée dans la production du papier de paille et d’autres végétaux. La seconde édition de son ouvrage sur l’histoire de la fabrication du papier est d’ailleurs faite à partir de vieux papiers refondus ou recyclés. Le papier de paille, comme le montre l’ouvrage de Pierre-Aimé Lair, est très prisé pour les essais végétaux de ce début du XIXe siècle. Le papetier Louis Piette fait également des recherches sur le traitement des pailles de seigle, de froment, de maïs, etc. Il décrit en 1861 ses essais dans un ouvrage illustré d’échantillons fort variés : paille, foin, ortie, chiendent, fougère, palmier, cuir… Ses tentatives se heurtent cependant au prix de revient de ces papiers, qui reste supérieur à celui du chiffon.