patience...
 

  Pierre Benoit, Kœnigsmark
Paris, Le Livre de poche, 1953
Papier recyclé
11 x 16,5 cm
BnF, Imprimés, 16o Y 2. 14081 (1)
 
Si l’on peut considérer comme ancêtre de ce livre de masse la collection de British Author’s publiée à Leipzig en 1841 par C. B. Tauchnitz, les « Paperback books » ont fait leur apparition en Grande-Bretagne en 1935 avec les « Penguin books », avant d’apparaître chez Hachette le 9 février 1953 avec cet ouvrage de Pierre Benoit, qui lanÇa la collection « Le Livre de poche » créée par Henri Filipacchi. Deux autres titres sortirent simultanément ce même jour : Les Clefs du royaume, de A. J. Cronin et Vol de nuit, de Saint-Exupéry. Cette collection a, en France, donné son nom au genre. Avec leurs importants tirages, leurs prix modiques, leur identité visuellement reconnaissable et leur présence dans de multiples points de vente, ces collections, destinées à l’origine à la publication des œuvres romanesques franÇaises et étrangères les plus remarquables de l’époque contemporaine, se sont élargies aux textes classiques et aux ouvrages documentaires. Le répertoire des Livres au format de poche de 1998 répertorie 35 930 titres disponibles chez 120 éditeurs, répartis dans 428 collections, avec des prix variant de 20 à 200 francs environ le volume. Prix bas, tirages importants, rentabilité peu élevée : il faut donc vendre beaucoup. La meilleure vente reste à ce jour Le Grand Meaulnes, d’Alain-Fournier, avec plus de quatre millions et demi d’exemplaires au 31 décembre 1995. Si, à leur création, les livres au format de poche se distinguaient par leur médiocre papier recyclé de vilaine couleur jaunâtre, la qualité s’en est aujourd’hui considérablement améliorée : papier plus blanc, meilleure présentation et plus grande solidité. La collection « Folio », créée en janvier 1972 par Gallimard, a joué un grand rôle dans cette évolution du livre à format réduit de grande diffusion.