patience...
 

  Rouleau magique
éthiopie, fin XIXe – début XXe siècle
Parchemin
175 x 17,6 cm
BnF, Manuscrits orientaux, éthiopien 410
 
En éthiopie, la différenciation entre le rouleau de parchemin et le codex relié est très nette. Le codex conserve un écrit institutionnalisé, alors que le rouleau s’adapte aux besoins spécifiques de son possesseur, lui fournissant les prières et les images dont il a besoin pour se protéger et se soigner. Le parchemin doit être préparé avec la peau d’un mouton ou d’une chèvre sacrifiés pour le malade, et la longueur de la bande de parchemin doit être égale à la taille de l’individu. En usage préventif, le rouleau se porte roulé dans un étui en cuir et accroché en collier autour du cou ou, comme cela devait être le cas pour celui-ci, très large, en bandoulière. En usage curatif, on le déroule devant la personne alitée, et la magie devient active. Les images canalisent l’énergie négative, malfaisante des démons ; le texte garantit l’aide des anges, des saints, de la Vierge et du Christ. Le malade étant presque toujours illettré, l’écriture possède un pouvoir dégagé de la nécessité de sa compréhension : les signes graphiques suffisent pour faire référence aux puissances protectrices, même si les prières peuvent être lues par un prêtre à l’occasion d’une visite au malade. Les images de ce rouleau font appel à la sagesse des Anciens : Salomon, bien sûr, ainsi qu’Alexandre, mais aussi, ce qui est plus original, Sirak et Aristote.