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  Livre-objet en bois . Jouanard (Gil). L’Odeur verte
Gigondas, atelier des Grames, 1980
Noyer et poirier
20 x 14 cm
BnF, Réserve des livres rares, Rés. p. Varia 17
 
Au début des années 1970, la notion de livre-objet fit son apparition. Rompant avec la conception traditionnelle du livre illustré, des plasticiens se voulurent inventeurs de formes nouvelles et tinrent à varier les matériaux utilisés comme supports de l’écriture. L’atelier des Grames, dans le Vaucluse, animé par émile-Bernard Souchière et Anik Vinay, est représentatif de ce courant, où ce qui importe est de mettre en matière le texte, de lui donner corps. Le support et l’apparence donnée au livre sont choisis en fonction de l’écrit. Ainsi une demi-sphère de plomb réalisée par émile-Bernard Souchière dissimule le texte de FranÇois Aubral, imprimé en creux au recto de dix-neuf feuilles du même métal, tandis que la suite de mots d’Anik Vinay est manuscrite au verso. De même, un galet de poirier massif évidé recèle les feuilles de noyer sur lesquelles est imprimée L’Odeur verte, évocation de souvenirs d’enfance à la campagne. Par les pratiques diversifiées qu’ils exigent - travail du bois, du métal, de la porcelaine, etc. -, l’apprentissage qu’ils nécessitent à chaque fois et l’investissement qu’ils représentent, ces livres ne font pas l’objet d’un tirage déterminé à l’avance, mais sont multipliés à la demande.