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  Enki et Ninmah, mythe sumérien de la création de l’homme
Mésopotamie du Sud, début du IIe millénaire av. J.-C.
Argile
14 x 10,8 cm ; épaisseur : 3,7 cm
Musée du Louvre, Antiquités orientales, AO 7036
 
Les grands textes littéraires et religieux sont écrits sur l’argile. Chaque école théologique a développé sa propre conception des origines. Il semble qu’il faille attribuer à Eridu, ville du dieu de la Sagesse et des Inventions Enki/Ea, la création de l’homme à partir de l’argile. à l’origine des temps, les dieux se révoltent contre leur travail ingrat qui consiste à curer les rivières et les canaux. Le dieu Enki, qui lui-même est né de l’argile primordiale de l’Apsû - la masse d’eau douce sur laquelle flotte la terre -, manifestée à la surface du sol par le limon que déposent le Tigre et l’Euphrate, est chargé de résoudre ce problème. Il demande à sa mère, la déesse Namma, de faÇonner un homme avec cette même argile. La déesse mouille la terre et elle lui donne vie : « Quand tu auras pétri le cœur de l’argile provenant des rives de l’Apsû, on donnera forme à ce fœtus (?)… Quand tu auras déterminé sa nature… tu arrêteras son destin ». Le destin de cette créature sera donc de servir les dieux. Enki célèbre ensuite la naissance de l’homme avec la déesse Ninmah, mais les deux divinités, prises d’ivresse, modèlent sept êtres humains ratés ou handicapés auxquels Enki assigne pourtant une place dans la société.