patience...
 

  Coupe prophylactique (tasa el hafia)
Yémen, région de Ibb. Djebel Ba’dan, début du XXe siècle (recueilli en 1974)
Laiton avec des incrustations en argent
Diamètre : 13 cm ; profondeur : 4 cm
Musée de l’Homme, 74.179.3 (don du Dr. Joël Le Corre)
 
La calotte sphérique de ce récipient en cuivre jaune est entièrement calligraphiée, à l’intérieur comme à l’extérieur. On trouve sur la face interne des figures inscrites dans des cercles : un serpent, un scorpion, une salamandre, trois personnages rehaussés d’incrustations d’argent ; il s’y ajoute l’inscription suivante : « Au nom de Dieu, le Puissant, le Miséricordieux. Quand le Ciel s’ouvre pour arriver jusqu’à Dieu, et quand la Terre se penche et l’obscurité arrive jusqu’à l’horizon, quand tout s’affermit par la bonté de Dieu, c’est un bienfait car Il a donné l’ordre au destin ». Sur la face externe de la coupe, une autre inscription dit : « Ce plat combat tous les poisons, la morsure de serpent et la fièvre, l’angoisse, la morsure de chien, le mal de ventre, l’abcès, les éruptions, la sorcellerie, la perte de sang et le mauvais œil ». En présence des maux dénoncés par la calligraphie ciselée (angoisse, poison…) il suffit de boire un peu de l’eau qui, au contact du texte louant Allah, aura acquis des vertus thérapeutiques. De tels effets peuvent également être obtenus en écrivant la formule sur une galette d’orge ou sur des pelures d’oignon que l’on ingère ensuite. Parfois il suffit de tracer les caractères au fond d’un plat, de les effacer puis de manger dans ce plat ; il est fréquent aussi d’écrire une formule sur une coquille d’œuf : on fait cuire l’œuf et on le mange. On peut encore brûler un papier porteur de l’inscription efficace et respirer sa fumée. Comme pour la tablette coranique de la notice n° 10, la présence de la parole transcrite du Prophète confère à l’objet puissance et vertu, mises en œuvre à l’occasion d’une séance thérapeutique ou d’une cérémonie rituelle.