patience...
 

  Pièce de cornaline destinée à apaiser le mourant
Iran, première moitié du XXe siècle (objet collecté en 1962)
Variété d’agate translucide aqiq, de couleur rouge orangé
2,8 x 2,2 cm ; épaisseur : 2 mm
Musée de l’Homme, 62.7.235 (don de Mme Louis Marin)
 
Présages et préventions contre les souffrances, la maladie, les accidents et la malemort sont nombreux en Islam asiatique. Ils peuvent être d’origine animale (dents de loup, œil de tigre), végétale (clous de girofle, graine de ricin), minérale (boules en pierres rouges, verroteries bleues, turquoise, malachite, alun). Les ornements d’argent sertissant agates et cornalines sont recommandés pour éloigner les maux. D’après les croyances chiites, la cornaline serait le premier minéral qu’ait reconnu le prophète Muhammad. Chaque musulman s’abandonne à la mort avec la certitude qu’il ne s’agit que d’un seuil ouvrant sur la vraie vie, une véritable éternité de bien-être acquise au prix de sa soumission, de sa confiance de croyant. Gagner une belle mort est le souci primordial du fidèle : au moment de son agonie, le mourant sera orienté vers la qibla, la direction de La Mecque ; la cornaline gravée, placée dans sa bouche, libère la force du message qu’elle continue de faire vivre, et soulage les souffrances ; s’il en a la force, le croyant récite une dernière fois sa profession de foi : « Il n’y a de divinité qu’Allah, Muhammad est le prophète d’Allah. »