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  Bible latine
Paris, vers 1240-1255
Parchemin (vélin)
13,9 µ 9,8 cm;
BnF, Manuscrits occidentaux, latin 16 265
 
Cette bible de poche, écrite en caractères de très petit module, a été décorée à Paris, vers le milieu du xiii siècle, dans l’atelier dit des Mathurins, un de ces ateliers de professionnels laïcs qui s’étaient spécialisés dans la production en série des bibles de très petit format. Les bibles portatives étaient destinées à une clientèle d’étudiants de l’université de Paris qui pouvaient les transporter avec eux pour étudier en classe. Elles étaient aussi utilisées par les moines des ordres mendiants, dominicains, franciscains et autres, dans leur prédication itinérante. Le parchemin employé, d’une extrême finesse, à la fois souple et résistant, est appelé vélin. On a longtemps considéré qu’il était fabriqué à partir de la peau de veaux mort-nés, voire de lapins et autres petits mammifères - au xviiie siècle, un amateur, l’abbé Rive, a même prétendu, sans aucun fondement, qu’il s’agissait de peau de femme ! D’après l’hypothèse récente de Christopher Clarkson, il s’agirait de peaux fendues dans l’épaisseur selon une technique aujourd’hui perdue. Au folio 4 du manuscrit coté latin 16265 (comme au folio 4 vo de latin 203), l’initiale I(n principio…), qui est au début du livre de la Genèse, illustre en sept médaillons les sept jours de la Création et, dans la partie inférieure, la Crucifixion, offrant un condensé de l’histoire humaine, de la création de l’homme à sa rédemption par le sacrifice du Christ sur la croix.