patience...
 

  Le Mystère de saint Crépin et saint Crépinien (2e et e3e journée)
Paris, vers 1420 (joué le 6 mai 1459)
Parchemin
34,8-35,3 x 15,5 cm
BnF, Manuscrits occidentaux, nouv. acq. fr. 2100
 
Quatre années de suite, de 1457 à 1460, le jour de la Saint-Crépin d’été, fut joué à Paris, à l’instigation de la confrérie des cordonniers, un épisode (« ystoire ») du Mystère de saint Crépin et saint Crépinien, leurs saints patrons. On ne conserve plus les « roulets » des acteurs, ni le « livre de conduite » du « meneur de jeu », c’est-à-dire du metteur en scène, un certain Challot Chandellier ; cependant, en trois cahiers, dont le format agenda peu courant relève de l’un et de l’autre, on dispose d’un manuscrit de travail des trois derniers épisodes du Mystère, reliés dans de solides couvertures de parchemin. Du roulet de l’acteur, ces cahiers ont conservé la disposition du texte versifié (des octosyllabes) sur une seule colonne (de 24,7 sur 7,2 centimètres). Comme les livres de conduite, ils disposent de larges marges encadrant le texte pour noter, en latin, les didascalies. L’argument du mystère était le suivant : à l’époque de l’empereur Dioclétien (vers 285), vivaient à Soissons deux cordonniers chrétiens, saint Crépin et saint Crépinien. Comme ils refusaient d’abjurer leur foi, le gouverneur de la ville, Rictiovaire, aidé de ses bourreaux Aigremor et Agrapart, leur fit subir les pires tortures : ils furent battus de verges, déchirés avec des alènes, mais toujours, par enchantement, Dieu et ses anges venaient à leur secours ; on les jeta même dans une rivière glacée, une meule au cou, mais les pierres tombèrent et l’eau se réchauffa. Pour finir, on réussit à décapiter ces « meschans malostrus » et les archanges Gabriel et Raphaël portèrent leurs âmes au paradis. Certains vitraux des églises de Clermont-sur-Oise et de Gisors (1ère moitié du XVIe siècle) sont comme une représentation filmée de ce mystère mis en scène à Paris, vers le milieu du XVe siècle, par la confrérie des cordonniers de Notre-Dame.