patience...
 

  Paul Valéry, Alphabet
France,1925-1939
Papier machine et papier pelure, tapuscrit et diverses esquisses
21 x 27 cm
BnF, Manuscrits occidentaux, non coté (achat 97-30)
 
Valéry laissa inachevé ce manuscrit important et complexe remis plusieurs fois sur le métier et abandonné définitivement en 1939. Le libraire René Hilsum avait lancé l’idée, en 1925, d’une séquence de vingt-quatre poèmes en prose correspondant aux vingt-quatre lettres de l’alphabet (sur les vingt-six canoniques…). Valéry imagina « d’ajuster ces XXIV pièces à faire aux XXIV heures de la journée, à chacune desquelles on peut aisément faire correspondre un état et une occupation et une disposition de l’âme différente ». Les lettres A, B et C, correspondant à la nuit, à l’aube et au lever du jour, furent assez rapidement composées. Néanmoins, de multiples esquisses se succédèrent, comme à l’accoutumée, toutes dactylographiées par l’auteur qui, possédant une machine à écrire depuis 1910, l’utilisait très communément, et même avec jubilation. Il aimait jouer avec les caractères spéciaux pour des compositions ornementales, ou laisser un espace libre pour une lettrine en initiale, comme ici. Le papier machine ou son double sur papier pelure deviennent ainsi un support privilégié pour la composition ou l’invention littéraire.