Il lissa l’argile avec les mains, en forme de tablettes, et il y déposa les paroles ; jusque-là, personne n’avait déposé des paroles sur l’argile.
Enmerkar et le seigneur d’Aratta, poème épique.


   
 

Argile
matrice de l’écriture cunéiforme


  Préparation médicale
Argile, Ier mil. avt J.-C.
   
 


Enki et Ninmah,
mythe sumérien
IIème mil. av. J.-C.

Entre le Tigre et l’Euphrate, la civilisation mésopotamienne s’est construite sur l’argile, consacrée élément primordial par l’un des nombreux mythes sumériens : le dieu Enki, lui-même engendré par le limon qui fertilise les rives des fleuves, créa l’homme à partir d’une motte de terre. Si l’on ne peut affirmer que l’écriture naquit de l’argile (les premiers signes ont peut-être été tracés sur le bois ou la pierre, quoique ces matériaux fussent rares en Basse-Mésopotamie), les "écrits" les plus anciens à ce jour ont été retrouvés sur des tablettes d’argile de la fin du IVe millénaire.
 

   
Ici, matière, forme et graphie sont indissociablement liées. Lorsqu’un Sumérien, vers 3300 avant J.-C., trace les premiers signes pictographiques sur une tablette tenue dans le creux de sa main, l’argile se modèle à sa paume. Grâce à la plasticité de ce matériau l’écriture "d’images" se transforme : les signes deviennent abstraits et s’impriment dans l’argile en trois dimensions, avec un calame taillé en biseau.

 


Etiquette
IIème mil. av. J.-C.

L’écriture cunéiforme, apparue au début du IIIe millénaire, évolue ainsi pendant trois mille ans, mais la forme de la tablette – plate du côté face et bombée au revers – reste identique, même quand ses dimensions dépassent celles de la main (les plus grandes ont un peu plus de quarante centimètres de côté).