Homère sur des pages de parchemin ! L’Iliade et toutes les aventures d’Ulysse […]. Tout cela enfermé dans un morceau de peau plié en plusieurs petits feuillets !
Martial, Épigrammes, Ier siècle (cité par Alberto Manguel, "Une histoire de la lecture")


 
 

Parchemin
support du livre médiéval en Occident


  Florus de Lyon
Parchemin, 1164
   
 


Coran, Proche-Orient, Parchemin, Xe siècle

Le parchemin, peau animale traitée, est le support essentiel du livre jusqu’au IXe siècle au Proche-Orient, et durant tout le Moyen Âge en Occident. Sa fabrication à partir de peaux, le plus souvent de mouton, de veau ou de chèvre, a été mise au point vers le IIe siècle avant J.-C. à Pergame (Asie Mineure) pour remplacer le papyrus, alors monopole de l’Égypte.

L’utilisation du parchemin entraîne un changement fondamental dans l’histoire du livre : le passage du volumen au codex.

 
Bible latine de poche, Parchemin (vélin)
Paris, vers 1240-1255

 
Cette matière solide, facile à plier, inscriptible des deux côtés donne des feuillets que l’on réunit et assemble en cahiers : le codex ainsi formé contient beaucoup plus de textes que le rouleau antique (volumen), peu à peu abandonné. Cette mutation, qui bouleverse les habitudes d’écriture et de lecture, prend plusieurs siècles.
 


Fragments bibliques de la mer morte, parchemin
Ier siècle ap. J.-C.

Elle est impulsée par les chrétiens : la Bible est copiée sur codex dès le IIe siècle ; mais les Romains et les Grecs continuent d’inscrire leurs comptes, contrats et notes diverses sur des tablettes de bois recouvertes de cire et lisent les textes littéraires dans des rouleaux.

Le codex s’impose vraiment au IVe siècle dans l’Occident latin et au Ve siècle dans l’Empire byzantin.

 


Rouleau imprimé (volumen) 55x531 cm Paris, 1521

La forme du rouleau persiste au Moyen Âge pour des pièces liturgiques ou administratives des chroniques ou des généalogies sous forme de volumen ou de rotulus à déroulement vertical.
 

 Rouleau manuscrit (rotulus) 848x34 cm
 Angleterre, XVe siècle