| Du volumen
au codex par Georges Jean. |
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Les Juifs, de leur côté, sont toujours restés fidèles au volumen pour copier et lire le Pentateuque, ou Torah ; en revanche, à Rome surtout, les premiers chrétiens adoptèrent le codex dès le IIe siècle pour copier les textes bibliques, beaucoup plus faciles à transporter et à ranger sous cette forme : cest ainsi quils purent réunir en un seul codex les quatre Évangiles canoniques et les épîtres de saint Paul, qui jusque là se présentaient sur des rouleaux séparés. |
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| Le codex se révélait demblée plus
économique puisquon pouvait écrire sur les deux
faces de la feuille de parchemin : au VIe siècle encore,
Grégoire le Grand, pape de 590 à 604, observait
quil avait fait tenir en six codex une uvre
qui occupait trente-cinq rouleaux ! La lenteur de cette évolution sexplique en partie par les changements que durent opérer les copistes dans leurs habitudes quant à leur position et à leurs techniques décriture puisquils navaient plus à dérouler leurs rouleaux. Toute lente quelle fût, lévolution était irréversible : au Ve siècle, dans toute lEurope, les textes religieux et juridiques comme les uvres littéraires étaient copiés recto verso sur des feuillets de parchemin pliés et réunis en cahiers. |
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Le codex, en effet, non seulement contenait plus de textes mais occupait aussi beaucoup moins de place dans les bibliothèques. Pour le lecteur, il facilitait les retours en arrière et procurait ce plaisir très particulier de tourner les pages. Le codex permit de plus une organisation plus rationnelle du texte : pagination, division en chapitres, table des matières, etc. Il devint facile de gloser, exercice scolastique par excellence, et de prendre des notes, tandis quavec le rouleau, qui demande à être tenu des deux mains, il était impossible à la même personne de lire, décrire et de dérouler le parchemin en même temps. |
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Le Moyen Âge nabandonna pas
néanmoins totalement la forme du rouleau puisque
lon vit se développer le rotulus, sur
lequel le texte nétait plus copié parallèlement
au grand côté de la bande de parchemin, mais
perpendiculairement : cette forme permettait en
particulier de dresser des listes, comme lattestent
les mots " enrôlements " (de soldats), "
contrôleurs " et même " rôles ", car
les uvres théâtrales étaient souvent copiées
sur ce type de rouleau. Plus tard, grâce aux imprimeurs, artisans dune autre révolution capitale dans lhistoire de lécrit, le codex allait devenir livre. |
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