La mémoire du monde est redistribuée, rendue légère, partageable
François Dupuigrenet-Desroussilles, "La Galaxie Tsaï-Loun", les Cahiers de médiologie, n° 4.


 
 

Nouveaux supports


 

Cédérom BnF

   
 
  Avec l’apparition des nouveaux supports, ce sont des machines qui effectuent aussi bien l’inscription des caractères que leur lecture. Pour faire face à la masse documentaire, on a tout d’abord cherché à réduire l’espace de stockage des informations. Ainsi avec les microformes, les données d’un support papier sont transférées sur un film photographique où elles deviennent microscopiques.
 
  microfilm positif en noir et blanc,
1980, reproduit la revue L'actualité juridique
  ultrafiche positive en noir et blanc,
51x51 mm  (format non normalisé)
contient les 1245 de The Holy Bible: Old and New Testament , King James version
 
  Les développements ultérieurs des techniques informatiques non seulement diminuent encore l’espace de stockage, mais facilitent la recherche d’information, permettent l’association d’image et de son, ainsi que la consultation à distance.

Texte, son et image sont traduits en signaux numériques, puis stockés sur des supports magnétiques ou optiques, tels que disquettes et cédéroms.

Grâce aux réseaux de communication qui permettent de transmettre de l’information numérisée par câbles ou satellites, la consultation à distance des banques de données ou de services d’information est devenue possible par minitel ou micro-ordinateur.

Le réseau Internet cumule les avantages de l’accès à distance, de l’hypertexte et de l’hypermédia : en cliquant sur des mots ou des images activables, le lecteur peut naviguer dans un ensemble de textes, d’images ou de sons disponibles sur des machines réparties dans le monde entier.

La bibliothèque virtuelle est devenue réalité.

 
 


La BnF sur Internet

 
  Quels seront les supports pour la mémoire du futur ?

Dans cette longue histoire des supports de la mémoire des peuples, deux étapes apparaissent finalement essentielles : le remplacement du rouleau par le codex et le passage au papier. Le codex a structuré le livre et entraîné une lecture sélective, donc active ; grâce au papier l’imprimerie s’est développée, propageant l’écrit à travers le monde.

 
  Aujourd’hui, nous assistons à une autre révolution qui bouleverse nos habitudes. Le papier n’est plus l’unique élément médiateur de la culture écrite. La vitesse de diffusion des connaissances et l’accès à l’information se sont accélérés. Les supports multimédias, mêlant textes, images fixes, documents audiovisuels, réclament une écriture nouvelle et imposent une lecture différente. On "navigue" sur les réseaux, on "consulte" les ouvrages de bibliothèques situées à des milliers de kilomètres, à partir de son ordinateur personnel, dans lequel on peut, en outre, copier des textes, les modifier et entrer ses propres données.

La lecture électronique s’ouvre sur une multitude de combinaisons : la "page" déstructurée laisse apparaître et disparaître à volonté extraits imprimés et manuscrits d’un ou plusieurs ouvrages, images fixes ou animées, et fait entendre, éventuellement, un commentaire ou la voix de l’auteur…

Sommes-nous dans une phase de transition comparable à celle, longue de plusieurs siècles, qui s’est achevée par le triomphe du codex sur le rouleau ? La lecture traditionnelle, linéaire, persistera-t-elle ?