Supports magiques


 



Intaille magique
5x3,1cm
Alexandrie, IIe s.

La croyance en la puissance surnaturelle de l’écriture, sur laquelle repose le système des hiéroglyphes, se manifeste dans toutes les religions. Les formules sacrées sont souvent présumées protéger ou guérir par simple contact la personne qui les porte, sans forcément passer par l’incarnation. Qu’il soit précieux ou banal, le support n’est alors qu’un médiateur.

Ainsi, l'encre, véhicule de l'écriture, peut avoir un statut presque divin comme en Chine.

Lorsque ces écrits sont gravés dans la pierre, comme chez les Egyptiens, ou incisés dans une coupe, comme chez les musulmans, l’eau en passant sur le texte se charge d’un pouvoir thérapeutique réputé guérir le malade qui l’ingère.

 


Stèle magique
12x5 cm
Egypte, VIIe s. av. J.-C.


Coupe prophylactique,
13 cm de diametre,
Yemen, XXe s.

 
  A l’opposé du papier journal conçu comme le réceptacle sans importance d’un texte provisoirement intéressant qui peut donc être froissé et jeté sans encombre ou être même recyclé en papier d’emballage une fois le texte "éteint", tombé en dehors de l’actualité, le talisman est cet objet hanté dont le texte est devenu indélogeable, et qui n’en finit plus d’émettre la puissance active de l’écrit qui lui a été confié.
 

Amulette de bon augure, Bronze,
Chine, XVIe / XVIIe s.

Tunique d'invulnérabilité,
Encre sur toile,
Cambodge 1960


Linceul,
Toile de coton,
Bulgarie 1970