La méthode de Tournefort : une répartition d'après les parties de la fructification

Même s’il était profondément cartésien, il serait faux de limiter les apports de Tournefort (1656-1708) à la botanique au côté pragmatique de sa méthode. Certes, l’esprit clair et précis qui préside à la rédaction des Elemens de botanique en 1694, ainsi que la qualité des illustrations de Claude Aubriet (1665-1742), futur peintre du Jardin du roi, ont considérablement contribué au succès de sa classification.

Néanmoins, sa réflexion sur les genres, pensés comme des groupes véritablement « naturels » (et qui ne doivent rien à la fantaisie de tel ou tel naturaliste), montre bien qu’il ne concevait pas sa tâche — établir une classification naturelle — avec moins de rigueur que d’autres. Son choix de deux critères (fleur et fruit) pour établir les genres, puis d’un seul, la fleur, pour établir les classes peut bien avoir été critiqué, la méthode de Tournefort permettait de définir un certain nombre de genres naturels.

Tournefort, Elemens de botanique ou méthode pour connoître les plantes,
à Paris, de l’Imprimerie royale, 1694.
Page de titre et le melon.
Paris, BnF.
BnF