Le fou

 

Le fou est la troisième pièce de l'échiquier. L'évolution de ses représentations, comme sa marche sur l'échiquier, est assez déroutante. À l'origine, la pièce représente l'éléphanterie, puissant corps de l'armée indienne. Dénommée al fil dans le jeu arabo-persan, elle quitte le règne animal pour prendre un visage humain sous l'appellation latine peu claire d'alphinus, devenu "alphin" en français. Au XIIIe siècle, l'alphin (ou alfin) prend l'équivalence du juge, assimilé à l'évêque outre-Manche.

 

Cette spectaculaire transformation semble procéder d'une interprétation hésitante de la pièce arabe stylisée représentant l'éléphant : deux protubérances pointues évoquent les défenses de l'animal dans le jeu arabe. Elles ont été comprises par les Occidentaux comme la mitre cornue d'un évêque, ou bien comme le bonnet d'un bouffon. D'où le choix de deux figures différentes pour occidentaliser la pièce : le fou et l'évêque. Ces deux représentations ont traversé les siècles, puisque aujourd'hui encore on rencontre sur l'échiquier tantôt un fou tantôt un évêque, ce dernier étant surtout utilisé dans les pays anglo-saxons.

La marche de la pièce s'est également modifiée à travers le temps. Dans l'ancien jeu, l'éléphant se déplace de deux cases en diagonale, sautant par-dessus les pièces. Ainsi était-ce une des pièces les plus faibles de l'échiquier d'autrefois. Aujourd'hui, le fou possède toutes les diagonales.

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