La dame

L'introduction d'un élément féminin sur l'échiquier est la modification la plus importante intervenue au cours des tribulations du jeu. À l'origine, c'est un "ministre" qui remplace les deux rois déchus de l'ancien jeu indien. Il garde cette fonction dans le jeu persan, appelé farzin ou firzan (conseiller du roi) puis wazir en arabe ou vizir en turc. Interprétant mal la contraction arabo-persane firz (pour vizir) qu'ils ne comprenaient pas, les traités échiquéens en firent la "fiers" en ancien français, la "fierge" ou la Vierge. Ce n'est qu'à la fin du Moyen Âge que la "reine" devient d'un emploi courant.

La transformation du vizir en reine fut lente et tâtonnante : vers 1080 le jeu de Charlemagne comporte déjà une reine, alors que vers 1200, d'autres jeux comptent encore un vizir. Toutefois, cette transformation était dans l'ordre des choses : le culte de la Vierge, la promotion de la femme et le rôle politique de plus en plus grand de la reine au sein du couple royal ne pouvaient qu'entraîner cette mutation.
   

 
   
 

La dame est aujourd'hui la pièce la plus puissante de l'échiquier. Lorsqu'elle symbolisait encore, en Orient, un sage ou un conseiller, sa portée était similaire à celle du roi, à la différence qu'elle ne pouvait se déplacer que d'une seule case en diagonale. C'est au XVe siècle, sous le règne de fer d'Isabelle la Catholique, bonne joueuse d'échecs, que les Espagnols ont ajouté certains aménagements dans les règles du jeu, conférant à la dame sa puissance actuelle.

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