La tour

La tour actuelle s'est métamorphosée au cours de ses voyages, gardant toujours une importante force symbolique. C'est la plus puissante pièce du jeu indien, le char de guerre, corps d'armée spectaculaire grâce auquel les Aryens – ancêtres communs aux Indo-Européens – conquirent la vallée de l'Indus au IIe millénaire avant notre ère. Passant en Perse, le char est remplacé par le rukh, rapace fabuleux de la mythologie iranienne capable de capturer un éléphant de ses griffes. Traduit en latin par rochus, puis "roc" en français, il se transforme en différents animaux (lion, dragon), ou en une scène montrant saint Michel tuant le dragon, voire en un couple de personnages (Adam et Ève, Abel et Caïn, deux chevaliers joutant, scène de chasse, etc.).

Comment la tour s'est-elle imposée ? Sans doute grâce à l'esthétique stylisée des pièces arabo-persanes. Ainsi les deux pointes profilées en arc de cercle du rukh arabo-persan ont-elles été considérées comme une tour crénelée. Enfin l'anglicisme rook signifiant château, elle prend rapidement la forme d'une tour outre-Manche. Les quatre tours d'angle sont définitivement adoptées au XIVe siècle, symboles à la fois du donjon féodal et du mur d'enceinte de la "villeneuve" médiévale.

Seules les représentations de la pièce ont varié au cours du temps. Depuis sa naissance, la tour a conservé la même marche qu'aujourd'hui, en ligne droite.

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