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Lewis Carroll, Through the looking-glass and
what Alice pound there ("À travers le miroir"). Londres, 1872.
Traduction française, Paris, Aubier-Flammarion, 1971.
Rédigé en 1867, À travers le miroir est conçu
comme une suite d'Alice au pays des merveilles. Après avoir
tenté d'enseigner les échecs à son petit chat, Alice
décide de passer "de l'autre côté du miroir". Là,
elle accomplit un étrange voyage dans un pays structuré
à la façon d'un échiquier, rencontrant de nombreux
animaux étonnants et plusieurs personnages extraordinaires. Parmi
eux, un roi d'échecs qui se réjouit qu'elle ne puisse voir
"personne à cette distance" et une reine qui promet de la confiture
"pour chaque lendemain". Après toutes sortes d'aventures, Alice
finit par atteindre la huitième case de l'échiquier et donc
devient reine, comme le pion promu au jeu d'échecs véritable.
Elle préside alors un banquet fastueux et féerique.
Nombreuses ont été les études des spécialistes
pour savoir si oui ou non le parcours d'Alice était construit comme
une partie ou un problème d'échecs. Dans l'idée que
l'on se fait d'un parcours échiquéen, cela semble évident.
Mais dans l'exactitude strictement échiquéenne de la marche
des pièces, les libertés prises par Lewis Carroll sont trop
grandes pour lire au premier degré dans cette histoire le déroulement
d'une partie d'échecs. Heureusement pour la littérature,
qui ne peut fonctionner sans soupape ni sans transgresser elle-même
les modèles et les schémas qu'elle s'impose.
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