Le joueur de Zweig

Stefan Zweig, Le Joueur d'échecs. Paris, Stock, 1983.
Écrite en 1941, cette célèbre nouvelle de Zweig fut publiée un an après la mort de l'auteur, en 1943, à Stockholm sous le titre Schachnovelle. La première traduction française parut en Suisse l'année suivante.

Monsieur B., avocat viennois arrêté par la Gestapo, croit pouvoir trouver dans un manuel d'échecs dérobé la force de résister aux interrogatoires des nazis, mais la passion le gagne et il sombre dans la folie. Plus tard, sur un paquebot qui l'emmène à Buenos Aires, il joue une partie contre le champion du monde Mirko Czentovic.
Cette nouvelle qui, de façon exceptionnelle dans l'ouvre de son auteur, fait référence aux événements contemporains, est un de ses derniers écrits. Exilé au Brésil, Stefan Zweig se donna la mort le 23 février 1942, incapable de survivre à la détresse qu'avaient fait naître en lui le nazisme et la guerre, négation radicale des valeurs qu'il défendait.
Si cette partie d'échecs symbolise les tensions et les impuissances de la société à faire face à une situation dramatique, du point de vue échiquéen elle est strictement conforme aux règles. "J'ai commencé une petite nouvelle sur les échecs, inspirée par un manuel que j'ai acheté pour meubler ma solitude, et je rejoue quotidiennement les parties des grands maîtres", écrit-il à sa première épouse Friderike, le 29 septembre 1941. Ensuite, le manuscrit une fois achevé, il sollicita les critiques de son ami Ernst Feder, ancien rédacteur en chef du Berliner Tageblatt et spécialiste d'échecs.

Adapté au cinéma en 1961 par le réalisateur américain Gerd Osward – avec Curt Jurgens dans le rôle principal –, Le Joueur d'échecs est certainement aujourd'hui l'ouvre la plus connue de son auteur. Pourtant, Stefan Zweig ne croyait pas qu'un sujet, qu'il jugeait abstrait et marginal, puisse toucher un large public.

Extraits


> Des chiffres aux pièces
> Jeu, science, art...
> 150 parties d'échecs