Qualités du joueur

 

 

 

Dans tout ce qui met en jeu l'échiquier et les pièces, les maîtres sont très supérieurs à la moyenne des individus, mais, pour les autres tests, ils ne se montrent supérieurs qu'en deux points : la capacité à distribuer leur attention et la découverte des principes logiques ; ils sont simplement moyens dans les autres domaines, voire parfois médiocres, dans l'étendue de l'attention, la puissance de concentration (!), la faculté de combiner et la rapidité des processus de pensée concrets où ils se révèlent bien plus lents que les sujets témoins. À considérer leur imagination et leur type de perception, les maîtres se répartissent en deux groupes : les systématiques, dont l'imagination est en dessous de la moyenne générale, et les imaginatifs fantasques, chez qui elle est bien sûr très développée.
La conclusion générale de l'étude de Diakov, Petrovsky et Rudik est figurée par une liste, où seize qualités physiques et psychiques brossent le portrait psychologique du maître d'échecs. Les voici, dans l'ordre voulu par les auteurs :

  1°   Bon état de santé.
  2°   Des nerfs solides.
  3°   Maîtrise de soi.
  4°   Faculté de distribuer son attention à des objets relativement
         sans lien.
  5°   Sensibilité à des situations dynamiques.
  6°   Esprit de type contemplatif.
  7°   Haut degré de développement intellectuel.
  8°   Caractère logique de la pensée mais dans le domaine
         expérimental.
  9°   Objectivité et réalisme.
10°   Mémoire spécialisée.
11°   Puissance de pensée synthétique et "sens positionnel".
12°   Faculté de combiner.
13°   Volonté disciplinée.
14°   Grande activité des processus intellectuels.
15°   Discipline des émotions et de l'affectivité.
16°   Confiance en soi.

 

 

Jacques Dextreit et Norbert Engel, Jeu d'échecs et sciences humaines, 1981 (Payot)