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l'aventure des écritures

Le mythe chinois


 

Dans les temps anciens, Fuxi régnait sur le monde. Levant les yeux, il contempla les figurations qui sont dans le ciel. Baissant les yeux, il contempla les phénomènes qui sont sur la terre. Il considéra les marques visibles sur le corps des oiseaux, et il considéra les dispositions avantageuses offertes par la terre. Il emprunta à proximité, et il emprunta à distance. Il commença alors à créer les huit trigrammes, afin de communiquer avec le pouvoir de l'Efficience infinie à l'œuvre dans l'univers, et il classa les conditions de tous les êtres.
 

Des trois "Grands Ancêtres", empereurs mythiques de la Chine, le premier est Fuxi, à la tête humaine sur un corps de serpent. C'est lui qui enseigna aux hommes les signes fondamentaux de l'écriture, les "huit trigrammes".
Les signes graphiques sont disposés en cercle, formant un octogone. Chacun est composé de trois traits superposés, pleins ou brisés en leur milieu. Les traits pleins symbolisent le yang, le masculin, les traits brisés symbolisent le yin, le féminin, et, comme l'alternance de ces deux principes régit l'univers, l'alternance de leurs symboles régit l'écriture.
Le deuxième "Grand Ancêtre", Shennong, succède à Fuxi. Les Chinois lui attribuent l'invention d'un système de notation à l'aide de nœuds sur des cordes.

 
Sous le règne du troisième "Grand Ancêtre", Huangdi, l'Empereur Jaune, considéré comme le fondateur de la Chine, le scribe-devin Cang Jie, dont les deux paires d'yeux lui permettaient de voir au-delà des apparences, aurait imaginé les caractères chinois en observant tour à tour les figures géométriques dessinées dans le ciel par les oiseaux en formation de vol et les traces de leurs pattes sur le sol. Il aurait ainsi appareillé les signes d'en haut avec ceux d'en bas et tracé les premières écritures. On dit que les dieux se seraient mis alors à trembler de rage parce qu'un mortel avait percé les secrets réservés aux immortels. Et l'on dit aussi que, pour réparer le désordre, les dieux se résolurent à faire de Cang Jie un demi-dieu.

 
D'après le Livre des mutations.

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