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l'aventure des écritures

L'égyptien : la puissance figurative

 


L'écriture est apparue en Égypte vers 3200-3150 av. J.-C. Les signes de base en sont les hiéroglyphes *, dont le nombre oscille entre 750 et 1 000 et qui ont été utilisés jusque vers l'an 400 de notre ère. Ils ont été gravés sur des tablettes et des morceaux de poteries livrant des dates et des informations administratives. Puis leur usage s'est étendu aux stèles et à la décoration de monuments.
 
Trois types de signes coexistent dans l'écriture égyptienne.
 

Idéogrammes et logogrammes

Les premiers sont de type idéographique ou logographique : ils notent des mots ou des idées ; par exemple, un cercle signifie "soleil" et, par extension, "clarté", "jour", etc. L'épithète "fils du soleil" introduit généralement le nom d'un roi.
 

Maison

La plupart des signes ont des valeurs phonétiques résultant de l'association d'une, deux ou trois consonnes, l'écriture égyptienne ne notant pas les voyelles. En utilisant le principe du rébus, ils notent un son par l'image d'une chose qui se prononce approximativement de la même manière. Par exemple, le signe de la "bouche", qui se prononce "er", sert à noter la consonne "r".
Pour éviter les ambiguïtés, les Égyptiens utilisent des déterminatifs : ils précisent dans quelle catégorie d'objets ou de concepts il faut classer le signe représenté. Par exemple, une paire de jambes indique l'idée du mouvement.

 
Parmi les phonogrammes *, vingt-quatre signes-consonnes constituent l'équivalent d'un "alphabet *". Leur combinaison aurait été suffisante pour tout écrire, mais les Égyptiens se sont peu souciés d'exploiter ce système car la réduction du nombre de signes était étrangère à leur préoccupation. Ils ont donc utilisé ces signes phonétiques en complément des signes idéographiques, et non pour les remplacer.

Le signe "maison" se prononce per. Quand le signe est utilisé pour ce qu'il représente, une maison, il est suivi par un trait vertical. Il est aussi employé, sur le mode du rébus, pour sa valeur de son, per, complété par un complément phonétique, signe de la "bouche", r, confirmant que le signe est à lire à partir de sa valeur phonétique et par le déterminatif "jambes" exprimant l'idée du mouvement. On obtient alors le verbe "sortir" qui se prononce également per.


Les caractères hiéroglyphiques, tout en étant figuratifs, se distinguent des images par leur soumission à une double contrainte, que le scribe doit parfaitement maîtriser :
- le calibrage, qui impose au hiéroglyphe du scarabée la même taille que celui du vautour ou de la pyramide ;
- l'orientation : les signes représentant humains et animaux ont le regard tourné vers le début de l'inscription, indiquant le sens de lecture.
 

Le hiératique et le démotique

Les deux autres styles d'écriture égyptienne, le hiératique * et le démotique *, au tracé plus cursif *, reposent sur le même système. À partir du IVe siècle av. J.-C., la langue égyptienne est en outre notée par l'écriture copte alphabétique, constituée de 24 lettres issues de l'alphabet grec et de 7 caractères démotiques.
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