fermer
l'aventure des écritures

Le chinois : la prolifération des caractères

L'écriture chinoise est la seule au monde à avoir conservé la même structure depuis trente-cinq siècles. Le système de composition des caractères par assemblage de traits ou de figures simples est ouvert, ce qui permet d'enrichir le lexique à l'infini. Le nombre de caractères n'a cessé d'augmenter jusqu'à compter près de 50 000 graphies différentes. Cependant, à chaque époque, le nombre de caractères usuels a oscillé entre 3 000 et 6 000.
 

Le premier système de classement

Xu Shen, le fondateur de la philologie chinoise, au Ier siècle de notre ère, a inauguré un système de classement graphique des caractères : il a retenu, ou ajouté, pour chaque caractère un élément significatif appelé "clef " ou "radical". Ces éléments, au nombre de 540, réduit aujourd'hui à 214, permettent de regrouper tous les caractères sous de grands ensembles qui structurent les dictionnaires.
Il a par ailleurs classé les caractères en caractères simples et caractères composés. Les caractères simples forment un tout que l'on ne peut décomposer. Il s'agit le plus souvent d'une représentation stylisée d'objets ou d'êtres comme dans les caractères "l'homme" ou "la lune".

Les figures simples

Quelques figures simples symbolisent des notions. Les caractères signifiant "dessus" et "dessous" forment ainsi une paire graphique et sémantique. Un trait est placé de part et d'autre de la ligne d'horizon. Ces graphies anciennes donnent déjà la forme définitive des caractères.
 

Les caractères simples se combinent en figures composées

Les caractères chinois sont en grande majorité composés et associent plusieurs caractères simples dont les sens se conjuguent pour exprimer des idées abstraites. Par exemple, le pictogramme * "soleil" redoublé signifie "brillant" ou "glorieux" (prononcé chang) ; triplé en pyramide le caractère prend le sens de "éclat de lumière" (prononcé jing).

soleil
brillant
éclat de lumière
Le pictogramme du soleil peut être associé à celui de l'arbre pour créer des caractères aux significations très différentes :
le soleil placé au-dessous des arbres signifie "l'obscurité" (prononcé yao),
le soleil placé au-dessus des arbres signifie "la lumière" (prononcé gao),
le soleil placé derrière des arbres implique l'idée d'émergence du soleil et désigne "l'Est" (prononcé dong).
l'obscurité
la lumière
l'Est

Idéophonogrammes et réutilisation de caractères existants

D'autres caractères composés sont des idéophonogrammes.
Ainsi, le caractère yang signifiant "l'adret" (le versant sud d'une montagne) est composé à gauche d'une clef signifiant "tertre" et à droite du caractère yang signifiant "soleil" ou "masculin". L'élément de droite prend dans ce cas une valeur phonétique.
On peut enfin, sans créer de nouvelles graphies, augmenter le vocabulaire par une utilisation lexicale détournée ou déviée de graphies existantes en extrapolant vers l'abstraction le sens d'un mot concret ou en utilisant la valeur phonétique d'un caractère.

Simplification des caractères

Afin de lutter contre l'analphabétisme *, la République populaire de Chine a imposé une réforme destinée à simplifier les caractères par réduction du nombre de traits. Ainsi, le dragon n'est plus reconnaissable dans la graphie simplifiée du caractère. La tentative d'abrogation des caractères au profit de la transcription romanisée a en revanche totalement échoué.
 

Diffusion

L'écriture chinoise a pu être adoptée et adaptée hors de Chine par d'autres peuples asiatiques, les Japonais et les Vietnamiens notamment. Il existe en Chine des ethnies non chinoises ayant une écriture spécifique, comme les Naxi dont l'écriture pictographique est toujours en vigueur.

sommaire
haut de page