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l'aventure des écritures

L'alphabet phénicien

par Françoise Briquel-Chatonnet
Tels sont les plus anciens témoignages que l'on connaisse de l'alphabet. Comme le système consonantique est étroitement lié à la structure des langues sémitiques dans lesquelles les consonnes sont plus porteuses du sens des mots que les voyelles, on peut supposer que l'invention a été faite par des Sémites. Ceux-ci auraient vécu, comme nous l'avons noté, dans une région sous forte influence égyptienne : ils pratiquaient couramment le bilinguisme et se trouvaient peut-être confrontés à la nécessité de noter des mots ou des noms propres étrangers à l'égyptien.
 
De plus, on peut tenir pour sûr que l'alphabet était un principe acquis au milieu du IImillénaire. Le reste ne peut faire l'objet que de conjectures. Il est peu probable que l'invention soit à porter au crédit des mineurs du Sinaï, et la côte du Levant apparaît un milieu plus probable, car ses liens avec l'Égypte ont été constants. Mais le lieu même de cette découverte comme l'époque précise où elle a eu lieu, son ou ses auteurs, le processus intellectuel qui y a mené, ne se laissent pas appréhender.
 
Les acquis de cette véritable révolution intellectuelle sont immenses. L'écriture phénicienne a donné naissance d'une part à l'alphabet grec, qui est lui-même à l'origine de l'alphabet cyrillique utilisé en Europe orientale et dans toute l'Asie russe, et, par l'étrusque, de l'alphabet latin, porté par les Européens de l'Ouest dans le monde entier.
D'autre part, c'est du phénicien que vient l'alphabet araméen, qui est lui-même la source de l'alphabet hébreu, dit "carré", de l'alphabet arabe et des écritures de l'Inde. L'invention des Sémites du Levant a connu un destin fabuleux sur toute la planète.
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