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l'aventure des écritures

La cursive romaine

par Véronique Sabard Geneslay

Les plus anciennes cursives romaines datent du Ier siècle av. J.-C. Inspiré de la capitalis monumentalis, le tracé rapide et spontané de la cursive entraîne une simplification des formes et une réduction du nombre de traits pour chaque lettre. Les outils et les supports (stylet, pinceau, plume pointue ; cire, bois, argile, papyrus...) sont également liés à cette métamorphose.
 
La différence entre les pleins et les déliés devient imperceptible. Au fur et à mesure apparaissent ascendantes et descendantes, et on note finalement une différence entre une cursive majuscule et une cursive minuscule (cursive récente) : la ligne telle que nous la connaissons se forme. Les Romains se servent de la cursive pour les factures, lettres, œuvres politiques et littéraires, affaires bancaires et comptables... c'est l'écriture courante par excellence.
 
La cursive primitive (Ier siècle av. J.-C) est une écriture capitale au tracé plus fluide que la capitalis monumentalis. Elle est destinée à un usage courant, ce que ne permettait pas la précédente, et si le ductus * reste celui de la capitale romaine, il est simplifié dans certaines lettres (E, H, M). Cette modification de la forme des lettres résulte de l'accélération du tracé : certains mouvements distincts dans le tracé de la capitale s'enchaînent dans le tracé de la cursive. Les lettres sont toutefois bien séparées.
 
La cursive récente (IVe siècle apr. J.-C) naît dans le prolongement de la cursive romaine primitive. C'est une écriture de structure minuscule, de petit module, arrondie et fluide. Elle possède des ascendantes (b, d, h, k, l) et des descendantes (g, p, q) fortement accentuées, dépassant largement la portée dans certains cas. Les ligatures sont nombreuses, voire systématiques pour certaines lettres (a, e, o), et rendent les textes difficilement déchiffrables; on peut même observer des ligatures entre les mots, le dernier trait d'une lettre servant de trait principal à la lettre suivante.
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