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l'aventure des écritures

La caroline

par Véronique Sabard Geneslay
À la suite de l'écartèlement de l'Empire romain et de la diversification du latin, l'influence des peuples dits "barbares" a modifié la cursive romaine qui est devenue, au cours du VIIe siècle, la base de nombreuses écritures régionales spécifiques (mérovingienne, wisigothique, lombarde, insulaire...).
 
Au début du VIIIe siècle, au monastère de Corbie, apparaît un effort de régularisation de l'écriture : les premières formes de carolingienne y sont esquissées. La formation de cette écriture n'est pas le fruit d'une évolution plus ou moins spontanée et inconsciente, mais le résultat d'une recherche délibérée, répondant aux besoins de la renaissance carolingienne. Charlemagne en décrète l'utilisation officielle en 789.
Bien qu'elle résulte du travail de plusieurs ateliers, deux scriptoria se distinguent dans sa mise au point : celui de Corbie et celui de Saint-Martin-de-Tours.
 
En usage aussi bien dans les textes sacrés que dans les textes profanes, la minuscule carolingienne est d'une grande lisibilité. Un espace est respecté entre les mots, ce qui lui confère une belle régularité. La perfection de cet alphabet minuscule est telle qu'il a servi de base et est demeuré presque inchangé durant quatre siècles. Il a donné, vers le XIIIe siècle, une uniformité aux différentes écritures d'Europe occidentale qui lui ont succédé.
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