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l'aventure des écritures

Comment valider un écrit ? Les solutions médiévales

par Béatrice Fraenkel
La diplomatique médiévale nous enseigne combien difficile est la fabrication d'une preuve écrite. Conférer au parchemin de la force, transformer un écrit en instrument ne va pas de soi. Trois instances sont convoquées pour valider un écrit: Dieu, le roi et les scribes.
 
La référence à Dieu s'exprime par des invocations directes du type: In nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti, mais aussi par des marques plus obscures comme les croix ou les chrismons qui souvent "ouvrent" le texte des chartes mérovingiennes et carolingiennes.
 
Le roi est omniprésent dans les actes de chancellerie. Il est celui qui énonce, il est posé comme auteur principal des actes solennels. Son nom apparaît dès la première ligne: In nomine sanctae et individuae Trinitatis. Karolus gratia dei rex (Acte de Charles le Chauve, 84.1') ou dans une formule telle que : "Charles, par la grâce de Dieu roy de France" utilisée par Charles V et Charles VI au XIVe siècle. De surcroît, le roi est présent par son sceau, apposé à la fin de l'acte, et éventuellement par une souscription autographe. Le grand sceau royal est le signe de validation par excellence.
Enfin, dernière instance associée à la validation des actes, celle des scribes au sens large, c'est-à-dire de ceux qui sont responsables de l'écrit, les professionnels sur qui repose la production documentaire: chanceliers, secrétaires, notaires, etc. Leur responsabilité est triple : ils veillent à la correction graphique de l'écrit (calligraphique et orthographique), à sa conformité textuelle, et sont garants de l'authenticité des actes. Ces grands lettrés utilisent des signes de validation différents de ceux du roi, ce sont des signes autographes, tracés à la main, témoignant de leur savoir. Plusieurs formules se succèderont : les chanceliers carolingiens mettent au point une forme extraordinaire de protosignature, la souscription avec ruche.
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