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l'aventure des écritures

Naissance de l'imprimerie en Occident

par Danièle Memet
 
L'imprimerie naît de la conjonction de plusieurs facteurs.
 

Des facteurs techniques

- La connaissance lointaine et imprécise des savoirs de l'Extrême-Orient (Gengis Khan) ;
- l'existence de caractères indépendants créés par les Romains pour apprendre à lire : Quintilien propose, pour "stimuler l'étude des enfants", de leur donner des "types de lettres en ivoire" ;
- la diffusion du papier ;
- l'usage de la presse pour écraser le raisin ;
- la meilleure connaissance de l'encre trop fluide et trop pâle en usage chez les fabricants de gravures.
 

Des facteurs économico-politiques

Les guerres du XVe siècle vont accélérer le progrès : le premier texte imprimé est celui des Indulgences papales de 1454 à 1455, dont le but est de récolter de l'argent pour lutter contre les Turcs.
Dans les dix premières impressions figurent un "calendrier turc" (vers 1456), deux versions d'une "Bulle du pape contre les Turcs" (1456-1457) : ouvrages liés au conflit des Balkans.

La Bible imprimée par Gutenberg, B42 (définie suivant son nombre de lignes), est contemporaine de la prise de Constantinople en 1453 qui marque la fin de l'Empire byzantin.
Un peu plus tard, les idées de la Réforme vont bien sûr avoir besoin de l'imprimerie pour se répandre, et la Bible en est bien le premier maillon.
Les idées se propagent également grâce aux premiers services postaux d'État. Ils sont mis en place en France par Louis XI en 1464, en Angleterre sous Édouard IV en 1478 et dans l'Empire germanique sous Maximilien en 1502.
 
L'invention de l'imprimerie se situe au carrefour des besoins de la société et des moyens dont elle dispose alors. Cet "art d'imprimer" va très vite se répandre en Europe dans les grandes capitales commerçantes et universitaires : Nuremberg, Paris, Oxford, Prague, Cracovie, Lyon, Strasbourg, Anvers, Toulouse... et bien sûr en Italie.

Plusieurs centaines d'ateliers s'installent rapidement à Venise. C'est là que vont s'élaborer les premières règles du livre : titre, frontispice *, colophon * (achevé d'imprimer), le nom de l'imprimeur exprimé par un symbole, par exemple le dauphin pour Alde Manuce , le pot cassé pour Geoffroy Tory, la branche d'olivier coupée et le vieillard pour les Estienne, le doloir pour Étienne Dolet, les griffons enchaînés pour Sébastien Gryphe, l'ami d'Érasme...
 
Ulrich Gerich, Michel Freyburger et Martin Krantz ont été formés à Bâle et ils ouvrent, en 1469, leur atelier dans les bâtiments de la Sorbonne, à Paris. Ils ont des fontes "gothiques allemandes" et romaines.
 
Vers 1475, William Caxton imprime le Recueil de l'histoire de Troie à Bruges, puis crée une imprimerie à Westminster et un peu plus tard à Londres. Il traduit des ouvrages populaires français : Le Roman de Renart (1481), Les Quatre Fils Aymon (1489).
Nuremberg est un grand centre culturel où officient entre autres Ulrich Zel et Gunther Zainer, typographes. À Leyde, la famille de relieurs-libraires-typographes Elzévir va rayonner grâce à la perfection technique de ses éditions et laissera son nom à une classification typographique du XXe siècle.
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