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l'aventure des écritures

L'humanisme

par Danièle Memet
Au XVe siècle, l'écriture "humanistique", inspirée des manuscrits des Xe et XIe siècles relatant les textes classiques, se développe en Europe du Sud et principalement en Italie, puis en France à la Renaissance.
 
Graveur à l'Atelier royal des monnaies à Tours, Nicolas Jenson (1420-1480) part à Mayence, sur l'ordre de Charles VII, pour devenir imprimeur. Mais à son retour, le successeur de son commanditaire n'éprouve aucune sympathie pour l'imprimerie ; Jenson part donc à Venise. Il grave un très beau caractère, la lettera antiqua formata, dans un caractère dit "romain" (droit), en opposition à l'"italique " (caractère incliné), inventé par Alde Manuce qui désirait reproduire l'écriture manuscrite de chancellerie.
 
Alde Manuce (1449-1515), précepteur de Pic de la Mirandole, constate la qualité médiocre des éditions des textes classiques. En 1489, il ouvre une imprimerie à Venise et se consacre à la littérature latine, à la philosophie grecque. Il privilégie les petits formats.
 
Il imprime également un des plus beaux incunables * : Le Songe de Polyphile, roman allégorique de Francesco Colonna.
 
 
En France, l'humaniste Geoffroy Tory (1480-1533) écrit Le Champfleury, traité de calligraphie et de typographie, et il dessine un caractère dont les proportions sont calculées à partir du corps humain. Il participe activement à l'usage de l'apostrophe et de la cédille.
François Ier, qui désire imprimer pour le royaume "les manuscrits grecs sources de toute instruction", confie cette mission à Conrad Neobar puis à Robert Estienne (1500-1561), lequel fait appel à Claude Garamond pour graver les poinçons les "Grecs du Roy". Ce travail très minutieux durera de 1544 à 1550. Entre 1530 et 1540, il grave un caractère qui va convertir une grande partie de l'Europe à l'alphabet latin et qui deviendra un symbole de la typographie et une classification du XXe siècle : les Garaldes.
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