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l'aventure des écritures

L'âge classique

par Danièle Memet

En 1631, Théophraste Renaudot lance son bureau d'adresses puis La Gazette de France ; ce sont les débuts de la presse.
 
Les guerres de Religion ont perturbé l'Europe et bien évidemment l'imprimerie. En France, Richelieu fonde en 1640 l'Imprimerie royale et marque la volonté de l'État de soutenir le livre.
 
Louis XIV va continuer cette politique à travers Colbert, qui lance en 1675 le projet de l'encyclopédie dont les premiers travaux vont porter sur l'imprimerie.
 
Philippe Grandjean et ses collaborateurs, Alexandre et Luce, vont ainsi, entre 1694 et 1714, graver "les Romains du Roy" (le Grandjean), caractère inspiré par les travaux de la Commission Jaugeon qui a tenté une théorisation mathématique et géométrique de la typographie.
 
Pierre Simon Fournier (1712-1768), homme de lettres et scientifique, fils de fondeur, grave de nombreux poinçons dont les caractères seront diffusés dans toute l'Europe. Il crée le "point fournier", mesure typographique ancêtre du point didot.
 
En Angleterre, William Caslon (1692-1766) commence sa vie professionnelle en gravant des fûts de canons. Il veut perfectionner sa technique et s'intéresse à la fonte des métaux, puis des caractères. Il crée la première fonderie de caractères qui permettra à l'Angleterre de se libérer de la tutelle de son fournisseur hollandais. En 1734, il dessine des caractères romains qui serviront après sa mort à imprimer la déclaration d'indépendance américaine en 1776. Il dessine également des caractères italiques dans quatorze tailles différentes et grave des caractères grecs, hébreux et coptes.
 
John Baskerville (1706-1775), après avoir été maître d'école, fabricant de meubles laqués, crée une imprimerie à Birmingham en 1752. Esprit inventif, il adapte une nouvelle sorte de papier : le papier vélin. La typographie lui doit un très beau caractère, admiré de ses confrères italiens pour son élégance, les Bodoni. Plus tard, Beaumarchais achètera son matériel typographique. Il s'en servira pour imprimer l'édition complète des œuvres de Voltaire et contribuera ainsi à diffuser l'œuvre typographique de Baskerville en France.
 
En Italie, Gianbattista Bodoni (1740-1813), issu d'une famille d'imprimeurs, a pour principal commanditaire le duc Ferdinand de Parme. Son premier Manuale Tipografico offre, en 1788, un choix de caractères aux pleins et déliés raffinés, dont le Bodoni. Pour chaque ouvrage, le caractère est choisi avec soin et réflexion. Bodoni a également dans son catalogue plus de mille ornements. Ses mises en page sont un modèle d'équilibre. Le dessin des lettres à empattements * filiformes et droits va faire partie de la grande famille de caractères définie au XXe siècle : les Didones, issues du nom des imprimeurs français les Didot.

La dynastie Didot

François Ambroise Didot, fils de François, libraire et éditeur de l'abbé Prévost, est imprimeur-typographe. Il introduit en France l'usage du papier vélin, met au point l'usage d'une presse métallique à bras et invente le point didot. Il entreprend la gravure de poinçons que son fils Firmin continuera pour créer le Didot, sur la demande de Napoléon Ier qui veut substituer au "Romain du Roi" un "Romain de l'Empereur". Un autre fils de François, Pierre François, crée un des premiers codes typographiques à l'usage des correcteurs.
 
Jusqu'au XIXe siècle, chaque génération de Didot apportera son savoir-faire et de nombreuses innovations techniques à l'industrie papetière, à l'imprimerie et à la typographie.
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