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l'aventure des écritures

Matières pérennes, écrits éternels

par Danièle Thibault


La pierre

Les inscriptions dans la pierre sont quasi universelles. Mieux que d'autres matières plus périssables, la pierre a gardé trace des premiers signes d'écriture, mais surtout elle a été choisie de volonté délibérée chaque fois qu'on a voulu donner à l'écrit durée, solennité et publicité : matériau presque indestructible, la pierre pérennise le message qu'elle porte.
 
Aussi fut-elle le support de prédilection des textes fondateurs de nombreuses civilisations, qu'ils émanent d'autorités religieuses ou politiques.
 
Si le métal, lui aussi, offre une garantie de durée - il est toujours utilisé pour les plaques commémoratives -, c'est la pierre qui, dans son emploi pour les inscriptions funéraires, illustre finalement le mieux la quête humaine d'éternité.
 

Matières nobles

En Mésopotamie, pour transcrire des messages royaux, on préférait à l'argile d'usage courant des matériaux plus durs et plus beaux, difficilement importés des montagnes lointaines : or, argent, cuivre, bronze, lapis-lazuli, cornaline, agate, diorite noire ou albâtre, capables de défier le temps, étaient les supports de l'écriture destinée aux dieux et aux rois. Ainsi gravait-on dans ces supports précieux des écrits commémoratifs destinés à être enfouis dans les fondations des édifices religieux bâtis par les souverains.
Cette figurine de cuivre représente le roi dans sa fonction de bâtisseur : il porte sur la tête un couffin rempli de brique. La pointe, couverte d'une inscription votive nommant le roi, devait être enfoncée comme un clou dans le sol afin - disait-on - de purifier les fondations de l'édifice et de les protéger des démons. Ce rite assurait la stabilité du temple en reliant ses bases souterraines à ses constructions extérieures.
 
Cette stèle porte un décret de l'empereur Auguste (Ier siècle avant l'ère chrétienne), traduit en grec, ordonnant la mise à mort des pilleurs de tombes. Gravée dans le marbre, l'écriture fixe le message pour l'éternité, dans une rigide graphie monumentale qui contribue à la solennité du discours.
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